La recherche translationnelle à l’ICM : Focus sur 3 projets

Recherche Mis en ligne le 22 décembre 2015
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Le modèle de l’ICM qui regroupe au sein d’un même institut des cliniciens et des chercheurs de haut niveau leur permet de mener une recherche translationnelle d’excellence, lien essentiel entre la recherche fondamentale et la recherche clinique.

Cette recherche permettra aux patients de bénéficier plus rapidement des innovations diagnostiques et thérapeutiques. 3 binômes cliniciens/chercheurs partagent leur sujet de recherche, leurs avancées et leurs espoirs pour 2016.

Maladie d’Alzheimer : le système immunitaire, une cible potentielle pour un futur traitement ?

Cécile Delarasse, chargée de recherche, et Stéphane Epelbaum, clinicien, travaillent ensemble pour identifier une nouvelle cible thérapeutique dans le système immunitaire pour traiter la maladie d’Alzheimer

Cécile Delarasse s’intéresse au rôle du système immunitaire dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Ses travaux en laboratoire sur des modèles précliniques ont montré qu’il y avait un lien direct entre un défaut de fonctionnement du système immunitaire, indépendamment du vieillissement, et la formation des lésions amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. C’est l’hypothèse que Stéphane Epelbaum et Cécile Delarasse souhaitent confirmer en mettant en place un protocole de recherche clinique visant à mesurer et comparer les réponses des systèmes immunitaires de sujets sains (contrôles) et de patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Leur objectif est de comprendre le rôle du système immunitaire dans le développement de la maladie et en particulier des macrophages (les cellules microgliales) qui ont la capacité de détruire les plaques amyloïdes.

Tumeurs cérébrales : Comprendre leur formation pour mieux les diagnostiquer et les traiter

Emmanuelle Huillard, chef d’équipe à l’ICM, et Marc Sanson, clinicien, cherchent à comprendre comment se forment les tumeurs cérébrales et à identifier des marqueurs pour les diagnostiquer et les traiter.

Cette collaboration s’illustre dans la complémentarité des compétences de chacun. Marc Sanson a une approche clinique tournée vers le patient pour caractériser les tumeurs, détecter de nouvelles mutations et trouver de nouveaux biomarqueurs. Emmanuelle Huillard travaille en recherche fondamentale pour comprendre les mécanismes de formation des tumeurs et le rôle des gènes mutés à la fois dans un contexte normal et au cours du développement d’une tumeur.

Ainsi, pour émettre et vérifier ses hypothèses, Emmanuelle Huillard a besoin d’échantillons cliniques, et pour comprendre ce qui se passe chez un sujet, Marc Sanson se réfère aux travaux réalisés en laboratoire. Ce dialogue continu entre eux permet de mieux cibler leurs recherches pour comprendre plus vite les mutations dans les tumeurs des patients.

L’objectif final est de parvenir à la mise au point de traitements personnalisés grâce à une carte d’identité complète de la tumeur et de ses conséquences sur les cellules.

Maladie de Huntington : une huile synthétique pour ralentir la progression des symptômes

Fanny Mochel et Alexandra Durr, toutes deux cliniciennes-chercheuses cherchent à confirmer via une étude clinique internationale de grande ampleur les résultats positifs d’une huile synthétique pour ralentir la progression des symptômes de la maladie de Huntington.

Cette maladie neurodégénérative et héréditaire se manifeste entre 30 et 50 ans avec l’apparition de troubles moteurs, comportementaux et psychiatriques progressifs qui induisent une forte dépendance impactant l’entourage familial.

Fanny Mochel et Alexandra Durr viennent de démontrer chez dix patients le potentiel d’une huile-médicament : la triheptanoïne. En améliorant le fonctionnement énergétique du cerveau, cette huile pourrait ralentir l’évolution de la maladie. Fanny Mochel, spécialiste du métabolisme, en collaboration avec Alexandra Durr qui suit les patients, approchent un traitement qui pourrait ralentir l’atrophie se mettant en place dans le cerveau des patients. Ensemble, elles débutent la phase d’essai thérapeutique qui a lieu en France et aux Pays Bas sur une centaine de patients afin de valider la 1ère étude réalisée.

Leur découverte pourrait également ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour des maladies telles qu’Alzheimer ou Parkinson, qui sont également des maladies neurodégénératives.