Alexis Brice, Directeur Général de l’ICM

Photo d'Alexis Brice, Directeur Général de l’ICM

©JP Parienté pour ICM

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Le Professeur Alexis Brice est le Directeur Général de l’ICM, il est également le directeur scientifique de l’Institut Hospitalo-Universitaire IHU-A-ICM.

Le Professeur Alexis Brice a été Directeur de l’Institut Thématique “Neurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie” de l’AVIESAN1 (Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et la Santé). Il est également Professeur des Universités, Praticien Hospitalier et ancien Chef de service au Département de Génétique, Cytogénétique à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il coordonne le Centre de Référence “maladies rares” de Neurogénétique et l’équipe “Bases moléculaires, physiopathologie et traitement des maladies neurodégénératives” de l’ICM.

Au cours de sa carrière scientifique, après une formation clinique en neurologie, Alexis Brice a étudié les maladies du système nerveux avec les nouveaux outils de la génétique moléculaire. Il a d’abord consacré ses recherches à l’étude des bases génétiques de différentes maladies neurodégénératives (maladie de Parkinson, démences frontotemporales, maladie de Huntington, dégénérescences spinocérébelleuses, etc). L’équipe d’Alexis Brice a caractérisé et identifié de nombreux gènes impliqués dans ces maladies avec des applications pour le diagnostic et le conseil génétique. Elle dissèque maintenant les mécanismes qui conduisent à la dégénérescence neuronale au cours de ces maladies et recherche de nouvelles cibles pour leur traitement.

Alexis Brice a précisé après sa nomination que sa volonté est de ” développer une politique de recherche ambitieuse tant sur des questions fondamentales que médicales afin que l’ICM figure rapidement parmi les centres de neurosciences les plus réputés “. Le Professeur Gérard Saillant, Président de l’ICM a pour sa part, indiqué que la prise de fonction d’Alexis Brice correspond à une étape décisive pour l’ICM. Il se félicite de l’arrivée d’Alexis Brice, qui est un chercheur de renommée internationale mais aussi un médecin remarquable, ce profil lui permettra de mener une stratégie de recherche efficace pour développer rapidement les traitements attendus par les millions de malades touchés par les maladies du cerveau et de la moelle épinière.

Vos questions au Pr. Alexis Brice

Quel est votre parcours ?

C’est le parcours d’un clinicien attiré par les neurosciences qui a débuté par une formation clinique en neurologie et s’est poursuivi en neurobiologie. Très vite, j’ai perçu que les progrès de la biologie moléculaire pourraient aider à mieux comprendre et donc à mieux diagnostiquer et traiter les maladies neurologiques. L’approche clinique et génétique de ces maladies a été le point de départ de l’équipe que j’ai constituée, initialement dans l’unité de recherche d’Yves Agid puis d’Etienne Hirsch, et qui s’appuyait sur une banque d’ADN et de cellules provenant de patients. Parallèlement, j’ai eu l’opportunité de créer un département de génétique au sein de l’hôpital qui rassemble les acteurs de cette discipline de l’enfant à l’adulte. Ce Département abrite maintenant le centre de référence « maladies rares » de neurogénétique. Enfin avec Bernard Bioulac, nous avons dirigé l’Institut Thématique Multi-Organismes (ITMO) de Neurosciences, Sciences Cognitives, Neurologie et Psychiatrie créé au sein d’Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé)1. Ce fut une belle expérience que de définir de grandes orientations stratégiques, de coordonner les acteurs nationaux et de mener des actions européennes et internationales.

Comment s’organise la gouvernance de l’ICM ?

Le conseil d’administration de l’ICM a défini les modalités de sélection et de recrutement de son futur Directeur Général. Un comité international (search committee) a été chargé de sélectionner des personnalités scientifiques et de les présenter au conseil d’administration avant de faire valider le choix par le conseil scientifique international de l’ICM. Nommé à ce poste le 24 avril 2012 après plusieurs étapes, je travaille en lien avec le conseil d’administration de l’ICM présidé par Gérard Saillant. Dans le cadre des accords de convergence entre l’ICM et ses partenaires publics (AP-HP, CNRS, Inserm et Sorbonne Université), j’ai également été nommé Directeur Scientifique de l’IHU-A-ICM et je suis également directeur du Centre de recherche depuis décembre 2013. Cette évolution à conduit à une gouvernance simplifiée et resserrée au service d’équipes de recherche scientifiquement et financièrement indépendantes. Les chercheurs de l’Institut bénéficient pleinement de la complémentarité et des synergies entre une fondation privée d’intérêt public (ICM) et les institutions publiques.

Quel est votre rôle à l’ICM ?

Mettre en œuvre une politique scientifique fondée sur nos objectifs stratégiques de recherche et de formation ; renforcer les axes scientifiques forts déjà identifiés ; favoriser les interactions scientifiques pour générer des projets ambitieux et interdisciplinaires ; recruter de nouveaux chercheurs sélectionnés par le conseil scientifique international ; inscrire l’ICM dans l’espace international de la recherche ; assurer le fonctionnement, le progrès technologique et l’évaluation des plateformes technologiques sur lesquelles les équipes s’appuient ; organiser des services supports, administratifs et financiers à l’écoute des chercheurs ; créer des synergies et une organisation intégrée entre les équipes administratives de l’ICM et des institutions publiques ; accroître les liens entre l’ICM et ses donateurs afin qu’ils partagent les avancées réalisées à l’Institut grâce à leur générosité ; enfin, développer chez tous les acteurs de l’ICM un sentiment d’appartenance à l’Institut.

Quels sont vos espoirs pour un Institut comme l’ICM ?

L’Institut doit devenir un des premiers centres de neurosciences à l’échelle internationale avec une forte implication dans la recherche sur les pathologies du système nerveux (maladies neurodégénératives, sclérose en plaques, épilepsies, traumatismes du cerveau et de la moelle, etc). Nous bénéficions de la qualité des chercheurs et cliniciens, des performances des plateaux technologiques de l’Institut, ainsi que du rayonnement que constitue l’Institut Hospitalo-Universitaire de Neurosciences Translationnelles (IHU-A-ICM) dirigé par Bertrand Fontaine. La recherche translationnelle s’appuie également sur les forces du Pôle des Maladies du Système Nerveux et sur le Centre d’Investigation Clinique localisé dans l’ICM. Au delà de la biologie et de la médecine, la recherche fondamentale et la recherche clinique en neurosciences nécessitent l’apport de multiples disciplines scientifiques (mathématiques, physique, chimie, informatique, etc) et aussi celles des sciences de l’homme. Mon objectif est de créer un lieu unique de formation, ouvert sur la société afin d’attirer étudiants, chercheurs et médecins du monde entier. L’existence d’un bioincubateur et les collaborations initiées avec les industriels de la santé représentent une opportunité pour aller plus vite et plus loin dans les applications médicales. C’est donc un grand Institut au service de la science et des malades qu’il faut maintenant réaliser avec les chercheurs de l’ICM.

1 L’Aviesan réunit CEA, CHRU, CNRS, CPU, Inra, Inria, Inserm, Institut Pasteur et IRD pour coordonner la recherche en sciences de la vie et de la santé.

Entretien réalisé en 2012.