La maladie d'Alzheimer

Avec près de 860 000 personnes souffrant de démences de type Alzheimer en France, cette maladie est aujourd’hui au centre des préoccupations. Elle se caractérise par une lente dégénérescence des neurones qui débute au niveau d’une région bien précise puis s’étend au reste du cerveau.
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Description de la maladie

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui touche fréquemment le sujet âgé. L’allongement de la durée de vie moyenne permis par l’amélioration des conditions de vie est en partie une des raisons qui expliquent l’augmentation du nombre de personnes concernées par cette pathologie.

Symptômes

La perte de mémoire est souvent le premier symptôme dont se plaignent les personnes et qui permet d’orienter le diagnostic. Ensuite, surviennent des troubles des fonctions exécutives, des troubles de l’orientation spatio-temporelle, puis progressivement s’installent des troubles du langage (aphasie), de l’écriture (dysorthographie), du mouvement (apraxie), du comportement, des troubles de l’humeur (anxiété, dépression, irritabilité) et des troubles du sommeil avec une insomnie.

Causes

La dégénérescence des neurones qui survient dans la maladie d’Alzheimer est le résultat de la progression concomitante de deux types de lésions : d’une part l’accumulation anormale à l’extérieur des cellules nerveuses d’une protéine appelée peptide ß-amyloïde (ou encore peptide A-bêta ou peptide Aß) conduisant à la formation de « plaques amyloïdes » encore appelées « plaques séniles », et d’autre part l’accumulation anormale de la protéine TAU dans les neurones conduisant à leur dégénérescence.

Prévalence

Aujourd’hui, on estime que 860 000 personnes souffrent de démences de type Alzheimer en France, et 35 millions de malades dans le monde. Alors que sa survenue avant 65 ans est rare (0,5 %), sa fréquence est de 2 à 4 % une fois passé cet âge. Ensuite, elle augmente proportionnellement avec celui-ci, pour dépasser 15 % à 80 ans. Cette maladie touche de plus en plus de femmes (1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 après 85 ans). En 2020, le nombre de malades est estimé à deux millions uniquement pour la population française.

Réponses de l’ICM

Thématiques et équipes de recherche

Faits marquants

Des lésions de la maladie d’Alzheimer 20 ans avant son apparition

Plusieurs études récentes confirment que la présence de plaques amyloïdes permet de diagnostiquer les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, voire de prédire qui développera la maladie. Dans une étude internationale, Harald Hampel – également titulaire de la chaire AXA/UPMC sur la maladie d’Alzheimer – et ses collaborateurs ont identifié un stade silencieux de la maladie d’environ dix années, où aucun signe clinique ne se déclare, mais où des marqueurs biologiques sont observables, indiquant qu’il est possible de détecter plus précocement la maladie d’Alzheimer. Identifier des marqueurs diagnostiques voire prédictifs de la maladie d’Alzheimer, notamment 20 à 30 ans avant les symptômes de démence, est aujourd’hui un enjeu majeur concernant cette pathologie.

Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer grâce à une prise de sang ?

L’identification de marqueurs sanguins pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer à un stade précoce et prévoir son évolution est un enjeu majeur. Une étude de l’équipe de Marie-Claude Potier montre pour la première fois que les cellules sanguines de patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent des altérations morphologiques spécifiques. Cette découverte soulève l’espoir de pouvoir diagnostiquer la maladie grâce à une simple prise de sang.

Démences ou Alzheimer : un test simple pourrait les différencier

Les patients atteints de démences fronto-temporales nécessitent une prise en charge médicale bien spécifique et adaptée. Pourtant, cette maladie est encore trop souvent confondue avec la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs et cliniciens de l’ICM et de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A*), en collaboration avec une équipe internationale, viennent de montrer que des tests simples évaluant l’empathie permettraient d’orienter le diagnostic.

Recherche clinique

Mieux comprendre les causes de la maladie

L’étude INSIGHT, réalisée en partenariat avec l’IHU, l’Institut de la Mémoire (IM2A), la Fondation Plan-Alzheimer, AMIVID et Pfizer et coordonnée par le Pr Dubois, est une étude innovante sur la maladie d’Alzheimer. C’est en effet l’une des premières au monde à suivre plus de 320 sujets sains à risque dans le but de comprendre pourquoi et comment la maladie d’Alzheimer se déclare chez certaines personnes et non chez d’autres et d’identifier les facteurs de déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Cette étude est porteuse de grandes ambitions en matière de compréhension de la maladie.

Un premier essai thérapeutique pour prévenir l’apparition de la maladie

Bruno Dubois et Isabelle Le Ber, en collaboration avec le Pr Hannequin au CHU de Rouen, mènent une étude multicentrique internationale visant à tester l’efficacité d’un médicament neuro-protecteur dans les formes génétiques rares de la maladie d’Alzheimer. Sa spécificité est de proposer aussi le traitement aux sujets sans symptôme mais à risque car porteurs sains d’une mutation responsable de la maladie. C’est le premier essai thérapeutique de neuro-prévention jamais proposé chez l’homme.

Effet d’un médicament sur la progression de la maladie d’Alzheimer au stade léger

Le protocole Solane, coordonné par Bruno Dubois vise à tester l’effet du solazenumab, un médicament qui pourrait diminuer ou ralentir la formation des plaques amyloïdes dont on pense qu’elles sont une des causes des symptômes de la maladie d’Alzheimer. L’objectif de cette étude est de tester l’efficacité de ce médicament sur la progression de la maladie au stade léger : permet-il de ralentir le déclin mental et fonctionnel associé à la maladie ?

Un rôle protecteur précoce du système immunitaire

Une étude menée en collaboration avec le Centre hospitalier Sainte-Anne, le CEA, le centre de recherche Saint-Antoine et Roche et coordonnée par le Pr Marie Sarazin montre, grâce à une technique innovante d’imagerie cérébrale, le rôle bénéfique et protecteur du système immunitaire au cours des stades précoces de la maladie d’Alzheimer. Cette étude souligne l’importance de diagnostiquer la maladie au plus tôt et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour ralentir, voire empêcher son évolution.

Valorisation de la recherche

Une nouvelle molécule

En collaboration avec MEDDAY, start up fondée par Guillaume Brion et Fréderic Sedel, un projet de recherche a démarré pour tester le potentiel thérapeutique d’une nouvelle molécule, le MD1105, contre la maladie d’Alzheimer.