La dépression

5 à 15% de la population française risque de faire un épisode dépressif au cours de sa vie.
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Description de la maladie

Symptômes

Les patients expriment une fatigue intense, une tristesse profonde, une perte de plaisir et d’intérêt, un fort sentiment de dévalorisation qui s’accompagne de grandes difficultés de concentration. Contrairement à un épisode de tristesse passagère « le coup de déprime », l’épisode dépressif majeur (EDM) perdure au-delà de 15 jours sans rémission de l’humeur malgré les stimulations de l’extérieur. Il peut conduire à l’isolement de la personne voire jusqu’au suicide.

Causes

La recherche a pu mettre en évidence l’existence d’une vulnérabilité génétique mais c’est la combinaison de facteurs de risque comme des situations ou des évènements de vie (décès, rupture sentimentale, perte du travail, enfance douloureuse…) et la survenue d’épisodes dépressifs récurrents (les rechutes) qui déterminent le degré de sévérité de la maladie.

Aujourd’hui, de nombreux traitements efficaces existent pour traiter cette pathologie : des traitements chimiques, (les antidépresseurs) qui permettent de soulager les symptômes dépressifs, souvent associés à une prise en charge médicale et psychothérapeutique, et les traitements physiques comme la stimulation électrique profonde ou l’électroconvulsivothérapie (ECT, encore appelé de nos jours les électrochocs), moyens thérapeutiques utilisés dans les formes les plus résistantes.

Prévalence

La dépression représente la maladie mentale la plus fréquente puisque l’on estime que 5 à 15% de la population française risque de faire un épisode dépressif au cours de sa vie. Elle est présente à tous les âges de la vie.

Aujourd’hui, on estime que 3 % des enfants sont touchés par cette maladie. Cette prévalence augmente de 10 à 15% chez l’adolescent et elle est aussi importante chez les personnes âgées.

Cela en fait une affection d’autant plus grave puisqu’on estime que le risque de décès par suicide est 10 fois plus élevé chez la personne déprimée que pour le reste de la population. En France, il y a 12 000 morts par suicide par an soit une personne qui meurt par suicide toute les heures.

Réponses de l’ICM

Thématiques et équipes de recherche

Émotions, dépression et interactions sociales : l’équipe de Nathalie George et Philippe Fossati s’intéresse aux mécanismes par lesquels les processus sociaux activent et régulent le cerveau émotionnel. De ce fait, elle s’intéresse, entre autres, à la dépression et à l’autisme.

Plusieurs pistes de recherche sont en cours d’étude. L’une des premières hypothèses abordées est la piste inflammatoire. La dépression pourrait être due à une réponse anormale du système inflammatoire ou la manifestation d’une maladie inflammatoire chronique. L’existence d’un terrain génétique est en cours d’étude qui pour le moment ne montre pas de résultats probants. Enfin, les travaux d’imagerie cérébrale permettent d’appréhender les perturbations cérébrales impliquées dans la dépression. C’est pour cette raison que l’équipe de Neurosciences Sociales et affectives de l’ICM s’intéresse particulièrement aux signatures cérébrales des dysfonctionnements émotionnels et des perturbations sociales impliqués dans la maladie dépressive. Aujourd’hui, en combinant les techniques de neuroimagerie fonctionnelle et l’élaboration de tests comportementaux et cognitifs, l’équipe cherche à connaître la manière dont les patients déprimés réagissent sur le plan émotionnel ou cognitif en les évaluant par rapport à des sujets témoins ou à risque. L’objectif de cette recherche est d’identifier les biomarqueurs impliqués dans la dépression. L’objectif global de la recherche est de pourvoir combiner l’ensemble de ces orientations afin de proposer des traitements plus personnalisés fondés sur les besoins biologiques des patients.

Recherche clinique

Évaluation quantitative de l’apathie

L’apathie, définie comme une perte de motivation et d’intérêt, est un symptôme fréquemment rencontré dans de nombreuses pathologies comme la dépression, la schizophrénie mais aussi les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Grâce à la plateforme PRISME, un projet novateur, EcoCapture, développé par Richard Lévy vise à étudier l’apathie. Grâce à des capteurs corporels, les comportements de patients apathiques seront analysés en situation semi-écologique. L’objectif de ce travail est d’utiliser les données obtenues pour remettre au travail des personnes ayant eu un déficit neurologique, avec des troubles de la prise de décision ou du comportement.

Identifier des biomarqueurs de la dépression

L’enjeu du projet ANR SENSO coordonné par Philippe Fossati est de définir des marqueurs biologiques et d’imagerie cérébrale permettant de faciliter l’établissement du diagnostic de dépression. Pour identifier ces marqueurs, l’activité cérébrale (par Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle et par EEG) et l’activité biologique (marqueurs de l’inflammation dans le sang) de patients déprimés sont mesurées. Les résultats de ce projet devraient permettre ainsi de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques au plus près des difficultés des patients. La définition de marqueurs biologiques devrait permettre de surveiller plus précisément les effets de ces interventions thérapeutiques. Les résultats de ce projet contribueront donc au développement d’une médecine personnalisée et adaptée aux besoins spécifiques du patient déprimé.