Les tumeurs cérébrales

En France, près de 5000 nouvelles personnes porteuses d’une tumeur primitive maligne du cerveau sont diagnostiquées chaque année.
Ouvrir / fermer le sommaire

Description de la maladie

Les tumeurs cérébrales peuvent avoir deux origines : les tumeurs dites primitives prennent naissance directement dans le cerveau. Les tumeurs métastatiques ou secondaires, en revanche, se développe dans le poumon, le colon, le sein, ou la peau, avant de gagner le cerveau.

Les tumeurs malignes sont des tumeurs qui se développent rapidement entraînant la destruction de la région du cerveau dans laquelle elles se trouvent tandis que les tumeurs bégnines dites de bas grade évoluent plus lentement sans entrainer de destruction.

Les tumeurs primitives les plus fréquentes sont les gliomes, issues des cellules gliales (astrocytomes et oligodendrogliomes). Les tumeurs de bas grade sont peu agressives mais dans la plupart des cas elles évoluent vers une forme plus maligne, dite de haut grade.

Les tumeurs qui se développent à partir des méninges appelées les méningiomes sont très fréquentes et le plus souvent benignes.

On trouve également les lymphomes, issues des cellules du système immunitaire cérébral, les épendymomes (tumeurs qui dérivent de la paroi des ventricules cérébraux). Les neurinomes ou schwannomes proviennent des cellules de Schwann (cellules gliales responsables de la formation de la gaine de myéline autour de l’axone). Enfin, on observe également les adénomes qui eux se développent à partir de l’hypophyse.

Symptômes

Les symptômes dépendent de la localisation de la tumeur, de sa taille et de sa vitesse de croissance. Les gliomes représentent environ 50 % à 60 % de toutes les tumeurs primitives malignes. A l’inverse, les méningiomes sont des tumeurs bénignes fréquentes.

A l’heure actuelle, les traitements des tumeurs cérébrales associent suivant les cas la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie, mais souvent ne permettent pas la guérison.

Causes

Aujourd’hui, on connait imparfaitement les raisons qui font qu’une cellule continue de se multiplier et devient une tumeur au lieu de disparaître conformément à « son cycle de vie ». Une tumeur cérébrale peut se développer à partir de n’importe quelle zone du cerveau : les hémisphères, le cervelet, le tronc cérébral et l’hypophyse.

Prévalence

Environ 5000 nouvelles personnes porteuses d’une tumeur primitive maligne du cerveau sont diagnostiquées chaque année en France.

RÉPONSES DE L’ICM

THÉMATIQUES ET ÉQUIPES DE RECHERCHE

  • Identifier les causes et comprendre les mécanismes du développement des tumeurs pour mettre en évidence des cibles thérapeutiques potentielles avec l’équipe d’Emmanuelle Huillard.
  • Développer des outils diagnostiques et pronostiques pour détecter les mutations génétiques en cause dans les tumeurs, analyser leur valeur pronostique ou prédictive de la réponse au traitement, et fournir ainsi une information utile au clinicien avec l’équipe de Marc Sanson.
  • Développer des thérapies personnalisées en fonction du profil génétique de la tumeur de chaque patient avec l’équipe de Marc Sanson.

FAITS MARQUANTS

De nouveaux gènes impliqués dans les oligodendrogliomes : TCF12

Grâce à une collaboration internationale et au réseau POLA coordonné par le Pr Jean-Yves Delattre à l’ICM, les équipes d’Emmanuelle Huillard et de Marc Sanson ont caractérisé un nouveau gène, TCF12, impliqué dans le développement d’une forme agressive de cancer du cerveau, les oligodendrogliomes anaplasiques. L’inactivation de ce facteur de transcription aboutit à la perte d’expression de gènes suppresseurs de tumeurs, et serait associée à une plus grande agressivité de la tumeur. Cette découverte ouvre une voie nouvelle dans la compréhension du développement de ces tumeurs et l’identification de leurs causes. Elle donne l’espoir à plus long terme d’un traitement personnalisé sur la base de cette altération moléculaire.

De nouveaux gènes impliqués dans les oligodendrogliomes : CIC

60 % des oligodendrogliomes présentent une mutation de CIC, un répresseur de la transcription (une des étapes qui permet de passer de l’ADN à la protéine). Vincent Gleize de l’équipe de Marc Sanson a élucidé les mécanismes d’action de ce gène au sein des cellules tumorales. L’inactivation de CIC entraine une accumulation de protéines impliquées dans la prolifération cellulaire. Cette accumulation mène à la formation de tumeur. Identifier ces mécanismes est le premier pas vers l’identification de cibles thérapeutiques potentielles.

L’espoir d’un traitement personnalisé des glioblastomes

Grâce à la plateforme de thérapie expérimentale Gliotex (soutenue par la Fondation ARC pour la Recherche sur le Cancer et par l’Association pour la recherche sur les Tumeurs Cérébrales), co-dirigée par Ahmed Idbaih et Jean-Yves Delattre, des thérapies spécifiques en fonction du profil de mutation de la tumeur sont mises en oeuvre. Dans ce cadre, l’équipe de Marc Sanson a testé un inhibiteur ciblant l’oncogène, MDM2, qui présente une amplification génique dans certaines tumeurs. Les cellules présentant cette mutation répondent de façon élective à cet inhibiteur. Ces résultats sont très encourageants pour le développement de thérapies personnalisées chez l’homme et laissent espérer la mise en place d’un essai clinique de phase 1.

Un nouveau modèle préclinique de méningiomes qui reproduit fidèlement la pathologie humaine

Les méningiomes sont les tumeurs primitives du système nerveux central les plus fréquentes chez l’adulte de plus de 35 ans. Une grande partie de ces tumeurs sont bénignes mais certaines peuvent être plus agressives avec de multiples récidives. Michel Kalamarides et Matthieu Peyre développent depuis longtemps des modèles précliniques de méningiomes. Ils viennent de montrer que l’inactivation de certains gènes, Nf2 et Cdkn2ab, ainsi que l’activation du facteur de croissance PDGF-β au niveau des cellules méningées produit chez la souris des méningiomes qui se développent très rapidement (de grades élevés). Ce modèle unique va leur permettre de tester de nouvelles approches thérapeutiques prometteuses pour les patients.

Des nouvelles cibles identifiées dans les lymphomes cérébraux primitifs

Khe Hoang-Xuan a identifié des mutations spécifiques et fréquentes dans les lymphomes primitifs du système nerveux central affectant les gènes MYD88 et CD79B. Ces mutations activent deux voies de signalisation qui semblent jouer un rôle important dans la genèse de ces lymphomes. Elles constituent non seulement des biomarqueurs diagnostiques mais ouvrent également la voie à des essais de thérapies innovantes ciblées.

RECHERCHE CLINIQUE

Une thérapie spécifique et personnalisée

Un essai clinique, « TARGET », coordonné par Marc Sanson a débuté au niveau national et pourrait s’étendre au niveau européen. Il vise à tester une thérapie spécifique et personnalisée auprès de patients atteints de glioblastomes exprimant une anomalie hautement oncogénique, c’est-à-dire responsable du développement des tumeurs. Cette étude est réalisée en partenariat avec Astra-Zeneca et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Un essai de virus oncolytique

Un essai clinique de phase I, « ONCOVIRAC » piloté par Ahmed Idbaih testant un virus oncolytique, c’est-à-dire un virus modifié pour détruire spécifiquement les cellules cancéreuses, chez les patients souffrant de glioblastome va prochainement débuter1. Cet essai résulte d’un partenariat entre la société Transgène qui a développé le virus et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Une méthode de diagnostic non invasif par IRM

La mutation du gène IDH1 est spécifique des gliomes et affecte 40 % d’entre eux. Elle joue un rôle majeur dans le développement de ces tumeurs et se caractérise par l’accumulation d’un métabolite, le D-2HG dans la tumeur. L’essai « IDASPE » coordonné par Marc Sanson et réalisé en collaboration avec le CENIR, a mis au point la détection du D-2HG dans la tumeur par spectroscopie IRM, fournissant ainsi un outil de diagnostic non invasif qui pourra très prochainement être utilisé en clinique.

VALORISATION DE LA RECHERCHE

La libération prolongée de molécules anti-cancéreuses

GECKO BIOMEDICAL, dirigé par Christophe Bancel, met au point une technologie permettant la libération prolongée de molécules anti-cancéreuses lors de la chirurgie pour des applications dans le glioblastome.

Les ultrasons, révolution du traitement des tumeurs cérébrales ?

Grâce à l’utilisation des ultrasons, il est possible d’ouvrir la barrière hémato encéphalique sur demande pour permettre aux médicaments d’atteindre les zones malades du cerveau. Le dispositif SonoCloud® a été développé par l’entreprise CarThera implantée à l‘ICM sur la base des travaux du Professeur Alexandre Carpentier, neurochirurgien à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière. Cette avancée permettra d’augmenter significativement l’efficacité des médicaments qui, aujourd’hui ne parviennent pas à franchir la barrière hémato encéphalique qui protège le tissu cérébral. Cela pourrait rendre les traitements des tumeurs cérébrales et des maladies neurodégénératives bien plus efficaces. Des essais cliniques de phase 1 sont actuellement en cours.