Détecter les plaques amyloïdes pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer

Recherche Mis en ligne le 6 juillet 2015
Photo : Cerebral amyloid angiopathy

Cerebral amyloid angiopathy ©CC BY-SA 3.0

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Plusieurs études récentes confirment que la présence de plaques amyloïdes ou de la protéine bêta-amyloïde permettrait de diagnostiquer les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, voire de prédire les patients qui développeront la maladie.

La dégénérescence des neurones qui survient dans la maladie d’Alzheimer est en partie due à l’accumulation anormale d’une protéine appelée peptide bêta-amyloïde (peptide Aß) à l’extérieur des cellules nerveuses. Cette accumulation de protéines conduit à la formation de « plaques amyloïdes », également appelées « plaques séniles ».

 


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La plus grande analyse connue sur les plaques amyloïdes dans le cerveau humain confirme que la présence de cette substance peut aider à déterminer quelles personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, et surtout quelles personnes développeront la maladie. Cette étude a été effectuée par un consortium international, auquel participe le professeur Harald Hampel de l’Université Pierre et Marie Curie, et chercheur à l’ICM au sein de l’équipe « Equipe « FRONTlab : Systèmes frontaux : fonctions et dysfonctions » dirigée par le Pr Bruno Dubois et le Pr Richard Lévy.

Par ailleurs, une autre étude publiée en mai 2015 dans la revue JAMA, soutient le rôle central et précoce joué dans la maladie par la bêta-amyloïde, la protéine impliquée dans la formation des plaques citées précédemment. Les données analysées montrent que la protéine amyloïde peut apparaître 20 à 30 ans avant les symptômes de la démence, et que la grande majorité des patients atteints d’Alzheimer ont cette protéine amyloïde.

 


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Avec une estimation de 35,6 millions de personnes touchées actuellement dans le monde, la maladie d’Alzheimer est un risque important pour la population vieillissante et leurs familles. Selon les prévisions, ces chiffres devraient presque doubler tous les 20 ans, pour atteindre 65,7 millions de personnes concernées en 2030 et 115,4 millions en 2050. La maladie d’Alzheimer représente un défi mondial de santé publique : c’est la maladie neurodégénérative la plus fréquente, une épidémie mondiale majeure qui cause une pression croissante sur les systèmes de santé et sur nos sociétés.

La récente preuve d’un stade silencieux de la maladie d’environ dix années, où aucun signe clinique ne se déclare, mais où les marqueurs biologiques sont observables, montre qu’il serait possible d’accélérer la détection précoce de la maladie d’Alzheimer. C’est dans cette optique qu’a été menée l’étude, qui visait à identifier des biomarqueurs potentiels de l’apparition de la maladie. Récemment, un biomarqueur sanguin a vu le jour.

Le Pr Harald Hampel est titulaire de la Chaire AXA-Sorbonne Université « Anticiper la Maladie d’Alzheimer » à la Sorbonne Universités. Il participe également au programme phare de recherche INSIGHT dirigé par le Pr. Bruno Dubois (INveStIGation of AlzHeimer’s PredicTors in Subjective Memory Complainers) et actuellement en cours à l’ICM, à l’Institut Hospitalo Universitaire (IHU-A-ICM) et l’IM2A (Institut de la Mémoire de la maladie d’Alzheimer) et l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Identifier des marqueurs diagnostiques voire prédictifs de la maladie d’Alzheimer, notamment 20 à 30 ans avant les symptômes de démence, est aujourd’hui un enjeu majeur concernant cette pathologie.

Source : Prevalence of amyloid PET positivity in dementia syndromes: a meta-analysis. Ossenkoppele R et al. JAMA. 2015 May 19;313(19):1939-49. doi: 10.1001/jama.2015.4669. PubMed PMID: 25988463; PubMed Central PMCID: PMC4517678.
Prevalence of cerebral amyloid pathology in persons without dementia: a meta-analysis. Jansen WJ et al. Prevalence of cerebral amyloid pathology in persons without dementia: a meta-analysis. JAMA. 2015 May 19;313(19):1924-38. doi: 10.1001/jama.2015.4668. PubMed PMID: 25988462; PubMed Central PMCID: PMC4486209.

Equipes scientifiques

Equipe "FRONTlab : Systèmes frontaux : fonctions et dysfonctions"
Chef d'équipe
Bruno DUBOIS Chef d'équipe
Richard LEVY Chef d'équipe
Les chercheurs du FRONTlab travaillent sur les fonctions mentales élaborées par les lobes frontaux. L’un des enjeux majeurs des neurosciences est de connaître en profondeur les fonctions frontales afin de comprendre comment sont élaborés et contrôlés nos comportements les plus complexes (prise de décision, planification raisonnement, créativité, jugement moral, interactions sociales…). Une connaissance approfondie des lobes frontaux est aussi indispensable pour mieux traiter les nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques s’accompagnant d’une atteinte des lobes frontaux (maladie d’Alzheimer, AVC, traumatismes crâniens, dépression, schizophrénie…).
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