Human Brain Project : quelles questions éthiques soulevées ?

Recherche Mis en ligne le 28 juin 2015
Photo de Christine Mitchell

Christine Mitchell ©ICM

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Dans le cadre du deuxième congrès de neuroéthique, Christine Mitchell, Professeur à l’Université de Harvard et investigatrice du « Human Brain Project », explique la mission de ce dernier et certaines des questions éthiques qu’il suscite.

La compréhension du cerveau humain est l’un des challenges les plus importants du 21ème siècle. Si nous relevons ce défi, nous pourrons mieux comprendre ce qui fait de nous des êtres humains, développer de nouveaux traitements et construire des infrastructures informatiques à l’échelle mondiale.

Le « Human Brain Project » est un projet européen, doté de 1,2 milliards d’euros sur dix ans, qui vise à mieux comprendre le cerveau humain et ses différentes pathologies, à le simuler et à le cartographier.

Un des axes du projet est de centraliser et de rendre accessible toutes les données disponibles sur le cerveau humain ainsi que les informations médicales associées à différentes pathologies, grâce aux technologies de l’information et de la communication.

Consigner les informations relatives aux patients souffrant de maladies neuro-dégénératives, ainsi qu’à l’évolution de la maladie en fonction de différents facteurs, notamment génétiques, permettrait aux cliniciens de développer une médecine de précision en extrapolant ces données aux autres patients.

Deux catégories de questions sont soulevées par ce projet. La première n’est pas propre aux neurosciences et concerne le fait de réunir toutes les données médicales des patients dans un logiciel librement accessibles aux cliniciens. Dans ce cas, il serait nécessaire d’assurer aux patients la confidentialité des données collectées.

La seconde catégorie de questions relève de ce que nous apprennent les neurosciences. Par exemple, dans un futur proche, il pourrait être possible de prédire et de modifier le comportement d’un individu via la stimulation électrique, la prise de médicaments ou la neurochirurgie. Dans le cas de maladies mentales incurables, cela pourrait être souhaitable, mais dans d’autres cas l’utilisation de telles méthodes est discutable. Un autre exemple de débat concerne le fait d’autoriser ou non l’amélioration cognitive chez des sujets sains.

« Nous sommes dans l’âge des neurosciences et dans les prochaines décades, nous aurons beaucoup plus d’informations concernant le cerveau que nous n’en avons jamais eu auparavant. Nous sommes pleins d’espoir concernant les progrès des neurosciences, particulièrement pour les personnes souffrant de maladies du cerveau », conclut Christine Mitchell.