21 septembre 2018: JOURNEE MONDIALE DE LA MALADIE D’ALZHEIMER

Événement Mis en ligne le 18 septembre 2018
Ouvrir / fermer le sommaire

 Aux côtés des chercheurs et des familles.

Les chercheurs de l’ICM créent, imaginent et innovent chaque jour pour trouver les meilleures pistes thérapeutiques. En cette journée mondiale 2018, l’ICM leur donne la parole bien sûr, au travers du Docteur Stéphane Epelbaum , mais aussi aux plus jeunes d’entre nous. Quels regards portent les enfants sur la maladie qui touchent leurs aînés ?

Et pour commencer, retrouvez l’enregistrement de la conférence dédiée à la maladie d’Alzheimer ayant eu lieu pour les donateurs de l’ICM le 29 septembre dernier.

FAIRE UN DON

La maladie :

La maladie d’Alzheimer vue par des enfants et adolescents d’aujourd’hui.

  • La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui touche fréquemment le sujet âgé.
  • La perte de mémoire est souvent le premier symptôme dont se plaignent les personnes et qui permet d’orienter le diagnostic. Ensuite, surviennent des troubles des fonctions exécutives, des troubles de l’orientation spatio-temporelle, puis progressivement s’installent des troubles du langage (aphasie), de l’écriture (dysorthographie), du mouvement (apraxie), du comportement, des troubles de l’humeur (anxiété, dépression, irritabilité) et des troubles du sommeil avec une insomnie.
  • La dégénérescence des neurones qui survient dans la maladie d’Alzheimer est le résultat de la progression concomitante de deux types de lésions : d’une part l’accumulation anormale à l’extérieur des cellules nerveuses d’une protéine appelée peptide ß-amyloïde (ou encore peptide A-bêta ou peptide Aß) conduisant à la formation de « plaques amyloïdes » encore appelées « plaques séniles », et d’autre part l’accumulation anormale de la protéine TAU dans les neurones conduisant à leur dégénérescence.
  • La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’accumulation anormale des protéines tau dans les neurones conduisant à leur dégénérescence et de protéines beta-amyloïdes, constituant les plaques amyloïdes (ou plaques séniles).
  • Aujourd’hui, on estime que 860 000 personnes souffrent de démences de type Alzheimer en France, et 35 millions de malades dans le monde. L’allongement de la durée de vie moyenne permis par l’amélioration des conditions de vie est en partie une des raisons qui expliquent l’augmentation du nombre de personnes concernées par cette pathologie. Cette maladie touche de plus en plus de femmes (1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 après 85 ans). En 2020, le nombre de malades est estimé à 1,3 million uniquement pour la population française.

Recherches cliniques

Plusieurs essais cliniques sont en cours à l’ICM afin de tester l’efficacité de nouvelles thérapies et prévenir l’apparition de la maladie.

Des jeux vidéo pour lutter contre la maladie

Un serious game, X-TORP, a été développé par le groupe Genious pour ralentir l’avancée des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. Une étude d’évaluation clinique a montré les effets bénéfiques de ce jeu sur les patients, notamment sur l’activité physique et les capacités cognitives. X-TORP pourrait ainsi être utilisé comme une stratégie non pharmacologique de stimulation des patients.

Des ultrasons comme piste

Le projet BOREAL est un essai assez unique coordonné par le Dr Stéphane Epelbaum et né d’une collaboration entre le Professeur Alexandre Carpentier, l’APHP et la start-up Carthera incubée à l’ICM. Il consiste à rendre ponctuellement perméable, et sans risque, la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau, chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. L’hypothèse des chercheurs est que l’ouverture de cette barrière pourrait permettre d’évacuer les lésions caractéristiques de la maladie qui s’accumulent dans le cerveau et ainsi diminuer les symptômes de la maladie.

CE QUE SOUHAITENT LES CHERCHEURS DE L’ICM…

…PREDIRE QUI DEVELOPPERA LA MALADIE

Les équipes de l’ICM sont investies pour mieux diagnostiquer la maladie. Aujourd’hui le diagnostic de maladie d’Alzheimer se fait grâce à un examen clinique approfondi associé à la visualisation des lésions dans le cerveau par des techniques d’imagerie (IRM ou Tomographie à émission de positon) et au dosage de certaines protéines dans le liquide céphalo-rachidien après une ponction lombaire.

alzheimer

Les critères diagnostiques de la maladie d’Alzheimer évoluent : plusieurs études récentes confirment que la présence de plaques amyloïdes (accumulation de protéines spécifiques dans le cerveau) permet de diagnostiquer les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, voire de prédire qui développera la maladie.

Un stade silencieux de la maladie d’environ dix années a été identifié, où aucun signe clinique ne se déclare, mais où des marqueurs biologiques sont observables, indiquant qu’il est possible de détecter plus précocement la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui, un des enjeux majeurs concernant cette pathologie est l’identification des marqueurs diagnostiques voire prédictifs de la maladie d’Alzheimer, notamment 20 à 30 ans avant les symptômes de démence.

…DETECTER LA MALADIE A UN STADE PRECOCE

L’identification de marqueurs sanguins pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer à un stade précoce et prévoir son évolution est un enjeu majeur. Une étude de l’équipe de Marie-Claude Potier montre pour la première fois que les cellules sanguines de patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent des modifications spécifiques de leur morphologie. Cette découverte soulève l’espoir de pouvoir diagnostiquer la maladie grâce à une simple prise de sang.

…MIEUX COMPRENDRE L’ORIGINE DE LA MALADIE

L’étude INSIGHT est l’une des premières au monde à suivre plus de 320 sujets sains à risque dans le but d’identifier les facteurs de déclenchement de la maladie d’Alzheimer.Les premiers de résultats de cette étude, parus début 2018, montre, à 30 mois de suivi, que la présence de lésions amyloïdes (lésions Alzheimer) n’a pas d’impact sur la cognition et le comportement des sujets qui en sont porteurs. Ils suggèrent l’existence de mécanismes de compensation chez les sujets porteurs de ces lésions.

Cécile Delarasse, dans l’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole, a récemment montré, dans des modèles expérimentaux, qu’il y aurait un lien direct entre défaut de fonctionnement du système immunitaire (indépendamment du vieillissement) et la formation des plaques amyloïdes. Un protocole de recherche clinique, pour étudier les réponses du système immunitaire de sujets sains et de patients atteints de la maladie d’Alzheimer, est en cours.

Pour la première fois chez l’homme, une étude d’imagerie, coordonnée par le Pr Marie Sarazin, montre un rôle précoce et protecteur des cellules immunitaires du cerveau, dites «cellules microgliales», dans la maladie d’Alzheimer. Les équipes du Centre hospitalier Sainte-Anne, du CEA, du centre de recherche Saint-Antoine, de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (Inserm / CNRS / Sorbonne Université) et des chercheurs de Roche ont décelé un effet positif des mécanismes inflammatoires aux stades précoces chez un groupe de 96 sujets. Cette étude, la première de cette ampleur jamais réalisée chez l’homme avec une technique innovante d’imagerie cérébrale, montre le rôle bénéfique et protecteur du système immunitaire au cours des stades précoces de la maladie d’Alzheimer.

Une de leurs récentes études met également en évidence un lien entre la progression de la maladie d’Alzheimer et le profil d’activation du système immunitaire du cerveau. Ces profils pourraient dépendre plutôt du patient que du stade de la maladie puisqu’ils ont tous deux été retrouvés chez des patients à différents stades la maladie. La mesure précoce de l’activation microgliale pourrait ainsi constituer un outil important pour adapter la prise en charge au profil de chaque patient et pour les inclure dans des essais cliniques.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les démences fronto-temporales (DFT) sont trop souvent confondues avec la maladie d’Alzheimer alors que celles-ci nécessitent une prise en charge médicale très spécifique et adaptée. Des chercheurs et cliniciens de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) et de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A), en collaboration avec une équipe internationale, viennent de montrer que des tests simples évaluant l’empathie pourraient orienter le diagnostic.

La DFT représente 20% des démences dégénératives, et près d’un tiers des cas diagnostiqués chez les moins de 65 ans. Elle se distingue de la maladie d’Alzheimer souvent à travers des troubles de la personnalité, une perturbation du sens des valeurs sociales…

FAIRE UN DON

Vidéo

Interview du Docteur Stéphane Epelbaum