L’ACCIDENT VASCULAIRE CEREBRAL

Mis en ligne le 14 mai 2019
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A l’occasion de la journée européenne de prévention de l’AVC, l’ICM vous informe pour comprendre, prévenir et reconnaitre l’AVC, et vous parle des recherches de l’Institut dans ce domaine.

 

  • 150.000 personnes victimes d’un AVC/an,
  • 3ecause de décès en France, 30.000/an. 3ecause de mortalité chez l’homme, 1echez la femme,
  • 1ecause nationale de handicap moteur acquis chez l’adulte,
  • Age moyen de survenue 73 ans mais chaque année 30.000 chez les moins de 45 ans.

 

COMPRENDRE

Dans 80% des cas, l’AVC est la conséquence d’une obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin, arrêtant la circulation sanguine. On parle d’AVC ischémique.  La cause principale est une accumulation de dépôts de cholestérol sur les parois des vaisseaux qui rétrécissent le diamètre de l’artère et favorisent son obstruction. Ce rétrécissement, l’athérosclérose,est parfois localisée dans le cerveau mais il peut également arriver qu’un fragment d’un dépôt de cholestérol, présent en dehors de celui-ci, se détache et migre par la circulation sanguine dans une artère cérébrale.

Dans 20% des cas, l’AVC est dit hémorragique, c’est-à-dire qu’il est dû à la rupture d’une artère cérébrale, fragilisée par l’hypertension (cause majeure), une malformation ou un traitement. La rupture de l’artère entraine alors un saignement dans le cerveau.

 

Lors d’un AVC ischémique, les cellules, en particulier les neurones, de la région cérébrale touchée sont en hypoxie, c’est-à-dire qu’elles ne reçoivent plus suffisamment d’oxygène et de sucre, indispensables à leur survie, normalement apportés par la circulation sanguine.

Lorsque cette situation se prolonge, les cellules meurent entrainant la perte des fonctions cérébrales associées aux régions touchées. Dans un premier temps, la mort cellulaire ne se produit que dans une zone réduite, proche de l’obstruction ou de l’hémorragie. Autour de ce périmètre, on observe une « zone de pénombre » où les dommages causés sont réversibles si la circulation sanguine est rétablie rapidement, c’est-à-dire moins de 6 heures après les premiers signes de l’AVC.

Le blocage de la circulation dans une artère cérébrale entraine la mort de 1,9 millions de neurones chaque minute (nombre de neurones totaux : 100 milliards environ).

Dans le cas de l’AVC, une ischémie dans l’hémisphère droit du cerveau entraine une paralysie du côté gauche du corps (Hémiplégie gauche), des troubles visuels et une difficulté à se situer dans l’espace. Les patients présentent un trouble appelé « hémi-négligence ». Ce phénomène se traduit par le fait que les patients n’ont plus conscience de la partie gauche de leur corps et se comportent comme si elle n’existait pas.

Si l’ischémie se produit dans l’hémisphère gauche du cerveau, les patients présentent alors une hémiplégie droite et des troubles du langage.

 

PRÉVENIR

La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang sur les vaisseaux sanguins lorsqu’il circule. Une hypertension signifie que la force trop élevée du débit sanguin peut endommager les vaisseaux.

L’Hypertension artérielle est le facteur majeur de risque d’AVC, il est donc conseiller de contrôler sa pression artérielle régulièrement et de consulter un médecin si celle-ci est supérieure à 140 de maximum ou supérieure à 90 de minimumlors de plusieurs prises au repos.

 

Le taux de cholestérol, en particulier du LDL-Cholestérol, doit être inférieur à 1.6g/l. Afin de diminuer le risque d’AVC, il est conseillé de faire contrôler ce taux tous les 5 ans.

Les deux molécules plus spécialement chargées du transport du cholestérol sont les LDL et les HDL. Les LDL apportent le cholestérol aux cellules, les HDL récupèrent le cholestérol périphérique et peuvent le ramener au foie. S’il y a plus de cholestérol transporté par les LDL que les cellules n’en ont besoin, les LDL non utilisées vont se déposer sur les parois des vaisseaux sanguins, formant des plaques qui diminuent le diamètre, favorisant un AVC ischémique.  Les HDL, au contraire ont une action de « nettoyage » des vaisseaux sanguins.

 

 

La consommation de tabac multiplie par 2 le risque d’un AVC ischémique.

 

 

RECONNAITRE

Comment reconnaitre les signes d’un AVC ?

Chaque année en France, 150 000 personnes sont frappées par une attaque cérébrale. Il est important que tout un chacun puisse réagir vite face à ces symptômes.

Il est coutume de dire dans le domaine des AVC que « le temps c’est du cerveau ». En effet un diagnostic précoce et une prise en charge rapide permettent de réduire la mortalité de 30 % et limitent la gravité des lésions.

 

 

 

 

TRAITER

  • En urgence

Le premier objectif est de minimiser les dommages au cerveau, en rétablissant la circulation sanguine en cas d’accident ischémique ou en réduisant l’épanchement de sang en cas d’accident hémorragique.

L’injection de thrombolytiques permet de dissoudre les caillots, alors qu’une thrombectomie permet par voie endoscopique de rouvrir l’artère obstruée.

 

  • Dans les jours qui suivent

L’important est de prévenir les récidives de l’AVC dont la fréquence est la plus élevée dans les 7 jours suivants la 1eattaque avant de décroitre.

 

A l’ICM

Une équipe ICM/AP-HP mène actuellement un essai thérapeutique en collaboration avec l’industrie sur l’utilisation d’une association de traitements pour fluidifier le sang afin de diminuer le risque de récidive.

Une équipe de recherche de l’AP-HP incluant un clinicien-chercheur de l’ICM, en collaboration avec 8 centres hospitaliers, cherchent à identifier des marqueurs d’imagerie cérébrale (IRM) lors de la phase aigüe de l’AVC qui permettraient de prédire le handicap résiduel des patients, de les stratifier et de proposer des traitements adaptés.

https://icm-institute.org/fr/actualite/avc-regions-cerebrales-associees-a-bonne-recuperation/

Il faut, de plus, rechercher et traiter la cause de l’AVC (par exemple, en corrigeant une tension artérielle trop élevée ou une cholestérolémie élevée).

 

  • Dans les semaines qui suivent

Qu’il s’agisse d’un déficit moteur, cognitif, de troubles neurovisuels, sensitifs ou du langage, les victimes d’AVC ne sont que très rarement épargnées. S’engage alors une prise en charge complexe, pluridisciplinaire, allant de méthodes de kinésithérapie à des techniques plus élaborées dont l’objectif est de favoriser la plasticité cérébrale, soit la capacité du cerveau à réorienter le traitement de certaines fonctions dans des réseaux de neurones non lésés lors de l’AVC. Les équipe de réadaptation comprennent la plupart du temps, des médecins, des kinésithérapeutes, des orthophonistes et des ergothérapeutes.

Une collaboration entre une équipe clinique du département de médecine physique et de réadaptation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et le LivingLab de l’ICM a permis de développer de nouveaux outils innovants de rééducation post-AVC. 6 experts vous en parlent  ici.

Des études en cours à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière s’intéressent à la récupération des patients après un AVC.

Le projet ATTACK-AVC, mené par Charlotte ROSSO et Fabrizio DE VICO FALLANI, deux chercheurs de l’ICM (équipe VIDAILHET/LEHERICY) (équipe COLLIOT/DURRLEMAN), a pour but de caractériser le profil des patients qui récupèrent d’une attaque cérébrale grâce à des paramètres comme l’Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM), l’ElectroEncéphaloGramme (EEG), la Stimulation Magnétique Transcrânienne (TMS) et la génétique.

https://icm-institute.org/fr/actualite/projet-attack-avc-predire-recuperation-patients/

Un essai thérapeutique coordonnée par une équipe de l’ICM  (équipe de VIDAILHET/LEHERICY) en collaboration avec la Start-up PATHMAKER, est également en cours pour traiter l’hypertonie (Contractures musculaires involontaires) des membres inférieurs suite à un AVC afin d’améliorer la marche des patients par stimulation électrique non invasive de la moelle épinière.

Neuraltide développe un Dispositif Médical non invasif capable d’améliorer le retour de la circulation veineuse dans le cerveau lors de la phase aiguë des AVC ischémiques. Une étude pilote débutera cet automne pour évaluer les effets du dispositif chez 20 patients présentant une obstruction de la carotide.