L’intelligence artificielle au service des patients cérébro-lésés

Recherche Mis en ligne le 15 décembre 2017
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Le service de Médecine Physique et Rééducation (MPR) de Pascal Pradat-Diehl, situé à la Pitié Salpêtrière, le Living Lab « cLLAPS » de l’ICM et la startup Ai.Mergence, hébergée au sein de l’incubateur iPEPS-ICM, ont développé un petit robot compagnon du nom de BRO permettant d’aider au quotidien les patients cérébro-lésés dans leurs exercices de rééducation cognitive.

Le service de Médecine Physique et Rééducation (MPR) de Pascal Pradat-Diehl, situé à la Pitié Salpêtrière, accueille chaque année des centaines de patients cérébro-lésés suite à un AVC ou un traumatisme crânien. Ces patients, en plus de séquelles physiques, peuvent présenter des troubles cognitifs, notamment au niveau des fonctions exécutives dus à des lésions cérébrales. Ces fonctions sont primordiales pour s’adapter aux situations de la vie quotidienne : résoudre des problèmes rapidement, s’organiser ou se donner des objectifs. Pour soigner ces patients, l’équipe de Pascal Pradat-Diehl a développé un outil d’évaluation des capacités cognitives (EF2E) et un protocole de rééducation dans lequel le patient doit réaliser des recettes de cuisine. La réalisation de recette est extrêmement complexe pour les patients cérébro-lésés car beaucoup de fonctions cognitives y sont impliquées. Jusqu’à maintenant ces exercices sont réalisés à l’hôpital avec des ergothérapeutes qui en assurent le suivi et évaluent les déficiences.

Le LivingLab de l’ICM en partenariat avec la startup A.I.Mergence, incubée au sein de l’iPEPS-ICM, a imaginé un petit robot compagnon, du nom de BRO, pour superviser le patient dans la réalisation des recettes aussi bien à l’hôpital, que chez lui. BRO peut interagir avec le patient en le suivant dans la réalisation d’une recette étape par étape. Il est composé de nombreux capteurs, qui lui permettent d’observer les gestes du patient, et d’une intelligence artificielle.

Cette dernière, développée par A.I.Mergence, permet «une identification faciale, la détection de mouvements spécifiques, ou encore l’interprétation du comportement du patient» explique Théophile Gonos, CEO de A.I.Mergence.

 

Néanmoins, en plus d’une technologie de pointe et de protocoles de rééducation adaptés, pour que le robot soit adopté par un patient, il faut porter une attention particulière sur son acceptabilité et son utilisabilité. C’est là qu’intervient le Living Lab cLLAPS de l’ICM qui mène le projet. « L’approche du Living Lab consiste à impliquer le patient et les professionnels de santé dès les premières étapes de R&D du projet » nous précise Alexis Steiner, co-créateur du projet au sein du Living Lab.

Le fait de continuer les exercices quotidiennement permet une rééducation plus rapide pour le patient et un meilleur suivi de la réadaptation des fonctions cognitives pour l’ergothérapeute. La première version du prototype est actuellement en phase de test et les résultats semblent prometteurs. La direction des applications de la recherche à l’ICM réfléchit maintenant à une valorisation du projet pour déployer le produit auprès du plus grand nombre de patients.