Maladie de Parkinson : un lien entre les lésions du tronc cérébral et les troubles cardiaques

Recherche Mis en ligne le 2 février 2017
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Dès les stades précoces de la maladie de Parkinson, les troubles cardiovasculaires et respiratoires sont relativement fréquents. L’équipe de Stéphane Lehéricy et Marie Vidailhet à l’ICM a établit pour la première fois, chez des patients, un lien entre ces symptômes et des lésions de la moelle allongée, une région du tronc cérébral impliquée dans le contrôle des fonctions vitales.

La moelle allongée constitue la partie inférieure du tronc cérébral et est responsable des fonctions vitales comme la respiration, le rythme cardiaque ou le maintien de la pression artérielle. Chez les patients parkinsoniens, des symptômes de dysfonctionnement de ces fonctions autonomes, en particulier des fonctions cardiovasculaires, sont fréquents. Ils sont présents dès les stades précoces de la maladie et peuvent même précéder les symptômes moteurs.

Ces dysfonctionnements pourraient être dus à une atteinte de certains noyaux du système sympathique et parasympathique de la moelle allongée, impliqués dans les activités involontaires de l’organisme telles que le contrôle du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire. On observe au niveau de ces noyaux des corps de Lewy, agrégats anormaux de protéines dans les cellules, et des pertes de cellules chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.

Grâce à une technique d’imagerie de pointe, l’IRM de diffusion, les chercheurs de l’ICM ont cherché à corréler les lésions de la moelle allongée avec les troubles des fonctions cardiaque et respiratoire.

L’étude, réalisée sur 52 patients atteints de la maladie de Parkinson, a permis de mettre en évidence la présence d’anomalies structurales au niveau de la moelle allongée chez ces patients. Les changements structuraux de cette région étaient spécifiquement corrélés au dysfonctionnement cardiaque, évalué à partir de la variabilité du rythme cardiaque, et respiratoire, évalué à partir de la variabilité de la fréquence respiratoire.

Pour la première fois, les chercheurs ont établi un lien entre des anomalies de la moelle allongée observées par IRM de diffusion et les troubles cardiovasculaires et respiratoires. Cette technique d’imagerie pourrait être un biomarqueur intéressant de la maladie de Parkinson, permettant de mieux la diagnostiquer, voire de prédire sa progression.

Référence : Medulla oblongata damage and cardiac autonomic dysfunction in Parkinson disease. Nadya Pyatigorskaya, Marie Mongin, Romain Valabregue, Lydia Yahia-Cherif, Claire Ewenczyk, Cyril Poupon, Eden Debellemaniere, Marie Vidailhet, Isabelle Arnulf, and Stephane Lehéricy.