Maladie de Parkinson : où en est la recherche ?

Mis en ligne le 24 octobre 2018
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La maladie

La maladie de Parkinson est la deuxième cause de handicap moteur en France. En touchant 150 000 personnes en France dont 8000 nouveaux cas chaque année, la recherche sur cette pathologie est devenue un véritable enjeu de santé publique, dans lequel l’ICM s’est engagé depuis sa création.

 

Exceptionnelle avant 50 ans, l’apparition de la maladie augmente après 60 ans. Son incidence est légèrement plus élevée chez les hommes que chez les femmes à tous les âges de la vie.
La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative chronique à évolution lente qui se caractérise par la mort d’une population de neurones, présents dans la substance noire, et dont la fonction est la production de la dopamine, un neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements du corps. Six équipes à l’ICM ont fait de cette maladie l’axe principal de leurs travaux de recherche, auxquelles s’ajoutent des projets de Start-ups.

 

Témoignage

Ecoutons Jean-Louis Dufloux, patient, qui donne quelques exemples de symptômes de la maladie, peu connus du grand public ;

 

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séMAPhore : un projet inédit

POUR PRÉDIRE L’ÉVOLUTION DE LA MALADIE ET PERSONNALISER LA PRISE EN CHARGE

La méthode mise en œuvre repose sur la collecte de données cliniques, comportementales, génétiques, métaboliques et d’imagerie cérébrale auprès de deux cohortes de patients. Ces données vont permettre d’identifier des biomarqueurs pour suivre la progression des dommages cérébraux occasionnés pendant la maladie, voire avant son apparition. Mais aussi de détecter des marqueurs de « conversion » de la maladie chez les personnes à risque.

Le modèle personnalisé de la progression de la maladie élaboré pour chaque catégorie de patients à partir des données collectées sera mis à disposition de la communauté scientifique en « open source ». Il pourra donc être régulièrement amélioré.

La dimension particulièrement innovante du projet séMAPhore réside dans la combinaison unique de la puissance et de la précision des modèles statistiques, de l’informatique et de l’imagerie médicale.

 

Recherche fondamentale : comprendre pour mieux traiter

Il existe différentes formes de la maladie de Parkinson avec des points d’entrée différents dans le processus pathologique. La dégénérescence des neurones serait la conséquence d’une association d’un ensemble de mécanismes. Différentes études s’attachent à démonter ces mécanismes neurologiques liés à la maladie, et à les cibler dans l’espoir de s’attaquer aux troubles que manifestent les patients.

Par exemple, dans l’actualité récente de l’institut, les travaux de François Mouton-Liger et Olga Corti dans l’équipe d’Alexis Brice, publiés dans la revue Glia, ont mis en évidence un mécanisme impliqué dans la neuroinflammation dans des formes particulières de la maladie de Parkinson. Ici, les chercheurs se sont attachés à mettre en lumière un lien entre le dysfonctionnement d’un mécanisme essentiel au maintien de la qualité mitochondriale et la mise en place d’une réponse inflammatoire anormale.
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D’autres chercheurs de l’ICM tentent de traiter les troubles de la marche par la stimulation cérébrale profonde. Ils ont utilisé une approche expérimentale multidisciplinaire1 comportant une étude électrophysiologique pendant la procédure neurochirurgicale. Cette étude confirme que la stimulation cérébrale profonde pourrait améliorer les troubles de la marche et de l’équilibre chez certains patients atteints de la maladie de Parkinson. Cependant, cette intervention est risquée et ne peut pas être effectuée chez toutes les personnes. Ces résultats préliminaires renforcent la connaissance de cette région du tronc cérébral humain.
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Pouvoir identifier au plus tôt, parmi les différentes formes de la maladie, les mécanismes de la maladie, ainsi que les moyens de traiter les troubles les plus manifestes, tels sont les enjeux de la recherche fondamentale pour, à termes, concevoir des approches thérapeutiques personnalisées.

Recherche clinique : investigation et innovation technologique

Une étude menée par des médecins et chercheurs de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Sorbonne Université et du Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations, Inserm, a analysé les données d’une cohorte, coordonnée par l’AP-HP, de 400 patients atteints de la maladie de Parkinson. Elle révèle que les troubles des impulsions, des effets secondaires observés tels que des addictions aux jeux et aux achats ou une hypersexualité, sont fréquents chez les patients traités. Ils touchent près de la moitié des patients suivis 5 ans plus tard, et sont fortement associés à la dose et à la durée du traitement par agoniste dopaminergique.
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Dispositif Do-it-yourself, jeux vidéos, la recherche est de plus en plus traversée par les innovations technologiques.

Le LivingLab créé par l’ICM et l’APHP a ainsi développé un dispositif anti-freezing, réunissant un porteur d’idée, des experts en médecine, en ingénierie, et en accompagnement des malades.
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Une étude pilote montre des résultats positifs à l’utilisation d’un jeu vidéo thérapeutique pour la rééducation des troubles de l’équilibre et de la marche dans la maladie de Parkinson. Le jeu en question, Toap Run, a été développé par le LabCom Brain e-Novation, collaboration entre le groupe Genious et les chercheurs de l’ICM.
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Sensibilisation

A l’occasion de la Journée Mondiale de la Maladie de Parkinson, l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière a lancé un nouveau film publicitaire pour sensibiliser le public et faire un appel aux dons.

 

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