Réparer les lésions de la myéline grâce aux cellules de la peau

Recherche Mis en ligne le 2 octobre 2015
Image : Réparer les lésions de la myéline grâce aux cellules de la peau

Réparation efficace de la myéline (rouge) par les cellules neurales (vert) dérivées de la peau et greffées dans le cordon dorsal de la moelle épinière démyélinisée chez la souris

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Transformer des cellules de la peau en cellules nerveuses pour réparer les dommages causés par la sclérose en plaques et certaines leucodystrophies, c’est le défi relevé par les chercheurs de l’ICM. Ces résultats extrêmement encourageants permettraient d’envisager une thérapie cellulaire à partir des propres cellules de patients atteints de la maladie.

Dans les pathologies de la myéline telle que la sclérose en plaque, la destruction de la gaine de myéline protectrice qui entoure les axones (prolongements des neurones et fils conducteurs de l’influx nerveux), altère le transfert des informations nerveuses et peut entraîner des troubles moteurs, sensitifs, de l’équilibre, et visuels… Bien qu’il existe une capacité de renouvellement de la myéline, ce processus demeure inefficace dans la SEP.

Trouver des moyens de fabriquer de la myéline pour restaurer les connexions nerveuses endommagées est l’un des axes majeurs d’Anne Baron Van Evercooren (Inserm/ICM) et de ses collaborateurs. Les chercheurs ont généré des cellules nerveuses à partir de cellules de la peau (fibroblastes). Ces cellules de la peau prélevées chez des adultes sont, dans un premier temps, reprogrammées pour donner des cellules souches pluripotentes (cellules aptes à donner n’importe quel type de cellule, ou iPS) puis des cellules souches neurales à l’origine des neurones et des cellules gliales. Un certain type de cellules gliales, appelé oligodendrocyte est responsable de la fabrication de la myéline.

Dans un modèle expérimental de sclérose en plaque, les chercheurs ont montré que ces cellules reprogrammées à partir des fibroblastes se différencient en oligodendrocytes matures et migrent vers les régions démyélinisées de la moelle épinière. Une fois sur place, elles remyélinisent les axones endommagés, restaurent les nœuds de Ranvier (indispensables au passage de l’information nerveuse) et augmentent la vitesse de conduction des messages nerveux, aussi efficacement que des cellules dérivées du système nerveux central.

Des cellules de la peau pourraient donc être utilisées comme une source autologue (chez un même individu) et personnalisée de cellules nerveuses destinées à fabriquer de la myéline. Cette avancée majeure dans le domaine des pathologies de la myéline telle que la sclérose en plaque ouvre des perspectives très prometteuses pour entraîner une récupération fonctionnelle chez les patients.