Y a-t-il une association entre les protéines amyloïdes et les fonctions cognitives dans la maladie d’Alzheimer ?

Recherche Mis en ligne le 21 décembre 2017
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Une étude multicentrique internationale à laquelle a participé le Pr Harald Hampel (Sorbonne Université), principal investigator à l’ICM revient sur le lien entre l’accumulation de protéines ß-amyloïdes, une caractéristique majeure de la maladie d’Alzheimer, et les capacités cognitives chez des patients ne présentant pas encore de démence.

Une des caractéristiques précoces de la maladie d’Alzheimer est l’accumulation de protéines ß-amyloïdes dans le cerveau. Cette accumulation peut débuter vingt à trente ans avant l’apparition de la démence. En revanche le lien entre l’accumulation de ces protéines et les symptômes cognitifs de la maladie n’est pas encore établi de manière précise. Etudier ce lien chez des personnes ne présentant pas de démence est très important pour mieux comprendre le développement de la maladie d’Alzheimer et mettre en place des essais cliniques préventifs.

C’était l’objectif d’une étude réunissant 4133 sujets présentant des troubles cognitifs modérés et 2908 individus sans troubles cognitifs issus de 53 études internationales. Tous les participants ont ainsi passé des tests pour mesurer leurs capacités cognitives globales et leur mémoire. L’agrégation de protéines ß-amyloïdes était également mesurée grâce à l’imagerie médicale ou par des biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien.

Parmi les sujets sans troubles cognitifs, l’agrégation de protéines amyloïdes était associée à des résultats plus faibles au test de mémoire après l’âge de 70 ans, mais pas à des scores faibles dans le test des capacités cognitives globales. En revanche chez les 4133 patients avec des troubles cognitifs modérés, la détection de protéines amyloïdes était liée à des faibles résultats dans les deux types de tests. Cette association diminuait avec l’avancée en âge.

 

« Les scores cognitifs semblent donc présenter une utilité limitée pour prédire la présence ou non d’agrégats amyloïdes chez les individus avec ou sans troubles cognitifs. » déclare le Pr Harald Hampel

Enfin, parmi les individus sans troubles cognitifs de plus de 70 ans, ceux présentant une accumulation de protéines amyloïdes obtenaient des scores faibles au test de mémoire presque deux fois plus souvent que ceux sans protéines amyloïdes. Ces faibles scores au test de mémoire apparaissaient en moyenne 10 à 15 ans après la détection de protéines amyloïdes.

 

« Si un faible score aux tests de mémoire est un marqueur de la présence d’agrégats amyloïdes et de la maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées sans troubles cognitifs, son utilité pour détecter précocement la maladie d’Alzheimer chez les personnes ne présentant pas de démence est limitée. » Pr Harald Hampel, principal investigator à l’ICM, titulaire de l’AXA Research Fund & Sorbonne Université Chair “Anticiper la Maladie d’Alzheimer”

Professor Harald Hampel, MD, PhD, MA, MSc
AXA Research Fund & Sorbonne Université Chair “Anticiper la maladie d’Alzheimer”,
Sorbonne Universities, Pierre and Marie Curie University, Paris 06.

Référence : Association of Cerebral Amyloid-β Aggregation With Cognitive Functioning in Persons Without Dementia. Jansen WJ et al. JAMA Psychiatry. 2017 Nov 29.