Tout savoir sur la maladie d'Alzheimer : définition, symptômes, tests et traitements

Face à l’allongement de la durée de vie et à la complexité des mécanismes biologiques à l’origine des maladies neurodégénératives, on estime que 1,3 millions de personnes seront touchées par la maladie d’Alzheimer en 2020 en France. Aujourd’hui, plus de 900 000 personnes sont touchées par cette maladie, avec 225 000 nouveaux cas chaque année. Elle touche 1 personne sur 20 à partir de 65 ans et plus d’1 personne sur 4 après 85 ans.
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Définition de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente chez le sujet âgé. L’allongement de la durée de vie moyenne permis par l’amélioration des conditions de vie est en partie une des raisons qui expliquent l’augmentation du nombre de personnes concernées par cette pathologie. La maladie d’Alzheimer est caractérisée par l’accumulation anormale des protéines tau dans les neurones conduisant à leur dégénérescence et de protéines beta-amyloïdes, constituant les plaques amyloïdes (ou plaques séniles).

Symptômes

La perte de mémoire est souvent le premier symptôme de la maladie d’Alzheimer qui permet d’orienter le diagnostic. Ensuite, surviennent des troubles des fonctions exécutives, des troubles de l’orientation spatio-temporelle, puis progressivement s’installent des troubles du langage (aphasie), de l’écriture (dysorthographie), du mouvement (apraxie), du comportement, des troubles de l’humeur (anxiété, dépression, irritabilité) et des troubles du sommeil avec une insomnie.

Causes

La dégénérescence des neurones qui survient dans la maladie d’Alzheimer est le résultat de la progression concomitante de deux types de lésions : d’une part l’accumulation anormale à l’extérieur des cellules nerveuses d’une protéine appelée peptide ß-amyloïde (ou encore peptide A-bêta ou peptide Aß) conduisant à la formation de « plaques amyloïdes » encore appelées « plaques séniles », et d’autre part l’accumulation anormale de la protéine TAU dans les neurones conduisant à leur dégénérescence.

Prévalence

Aujourd’hui, on estime que 900 000 personnes souffrent de démences de type Alzheimer en France, et 35 millions de malades dans le monde. Alors que sa survenue avant 65 ans est rare (0,5 %), sa fréquence est de 2 à 4 % une fois passé cet âge. Ensuite, elle augmente proportionnellement avec celui-ci, pour dépasser 15 % à 80 ans. Cette maladie touche de plus en plus de femmes (1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 après 85 ans).

Réponses de l’ICM

Thématiques et équipes de recherche

  • Identifier des facteurs de risque pour mieux diagnostiquer voire prévenir l’apparition de la maladie avec l’équipe de Bruno Dubois.
  • Comprendre les mécanismes mis en jeu dans la propagation, à la fois de la maladie d’Alzheimer et des maladies à prions et mettre au point des modèles expérimentaux pour diagnostiquer la maladie et tester de nouvelles approches thérapeutiques avec l’équipe de Marie-Claude Potier et de Stéphane Haïk.

Faits marquants

Une étude pour mieux comprendre l’origine de la maladie

L’étude INSIGHT, suivie à l’institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer par l’équipe de recherche clinique du Pr Bruno Dubois, est l’une des premières au monde à suivre près de 320 sujets sains à risque dans le but d’identifier les facteurs de déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Les premiers de résultats de cette étude, parus début 2018, montre, à 30 mois de suivi, que la présence de lésions amyloïdes (lésions Alzheimer) n’a pas d’impact sur la cognition et le comportement des sujets qui en sont porteurs. Ils suggèrent l’existence de mécanismes de compensation chez les sujets porteurs de ces lésions.

Diagnostic sanguin de prédisposition à la maladie d’Alzheimer

L’équipe dirigée par Marie-Claude POTIER (CNRS), en collaboration avec Fanny Mochel clinicienne et chercheuse sur le neurométabolisme, a identifié un profil biologique sanguin corrélé à 99,4% à la présence de plaques amyloïdes cérébrales chez des sujets inclus dans l’étude INSIGHT menée par le Pr Bruno DUBOIS à l’ICM et à l’IM2A.

Des ultrasons pour traiter la maladie

Le projet BOREAL est un essai assez unique coordonné par le Dr Stéphane Epelbaum et né d’une collaboration entre l’ICM, le Professeur Alexandre Carpentier, l’APHP et la start-up Carthera. Il consiste à rendre ponctuellement perméable, et sans risque, la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau, chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. L’hypothèse des chercheurs est que l’ouverture de cette barrière pourrait permettre d’évacuer les lésions caractéristiques de la maladie qui s’accumulent dans le cerveau et ainsi diminuer les symptômes de la maladie.

Recherche clinique

Mieux comprendre les causes de la maladie

L’étude INSIGHT (pour “INveStIGation of AlzHeimer’s PredicTors in subjective memory complainers – Pre Alzheimer’s disease”), suivie à l’institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer par l’équipe de recherche clinique du Pr Bruno Dubois, est l’une des premières au monde à suivre près de 320 sujets sains à risque dans le but d’identifier les facteurs de déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Elle s’appuie sur le suivi longitudinal (dans le temps) d’une cohorte active, lancée en mai 2013 à la Pitié-Salpêtrière AP-HP, de 318 patients volontaires âgés de plus de 70 ans, avec une plainte de mémoire subjective mais dont les performances cognitives et mnésiques sont normales. Les participants ont accepté au départ que l’on détermine la présence ou non de lésions de la maladie d’Alzheimer (lésions dites « amyloïdes ») dans leur cerveau grâce à un examen d’imagerie. 28% d’entre eux étaient porteurs de lésions même s’ils n’en présentaient à ce stade aucun facteur.

Les enjeux de la recherche

Les enjeux de la recherche sur la maladie d’Alzheimer sont à la fois :

  • médicaux, diagnostiquer la maladie avant l’apparition de dommages cérébraux irréversibles
  • sociaux, améliorer la prise en charge et le parcours de soin des patients et de leurs aidants
  • sociétaux, diminuer le nombre de nouveaux cas grâce à des approches de prévention personnalisées c’est-à-dire adaptées à chaque patient.

Les recherches menées à l’ICM par 4 équipes, s’orientent aujourd’hui vers ces 3 domaines, allant de la compréhension des mécanismes physiologiques à la recherche de traitements personnalisés et ciblés en passant par l’élaboration d’algorithmes de pronostic d’évolution de la maladie d’Alzheimer. Recherche fondamentale, recherche clinique et application des innovations par des start-up sont les stratégies d’étude de la maladie menées à l’ICM qui permettent d’investiguer l’ensemble des mécanismes à l’origine de la maladie et de son évolution.