Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière https://icm-institute.org Wed, 23 Oct 2019 09:35:23 +0000 https://wordpress.org/?v=4.8.2 hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.2 Comment les attentes sociales influencent la douleur https://icm-institute.org/fr/actualite/attentes-sociales-influencent-douleur/ https://icm-institute.org/fr/actualite/attentes-sociales-influencent-douleur/#respond Tue, 22 Oct 2019 08:03:59 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17753 La douleur est une sensation très subjective. Une même situation peut être ressentie comme extrêmement douloureuse par certaines personnes alors que d’autres la En savoir plus ]]> La douleur est une sensation très subjective. Une même situation peut être ressentie comme extrêmement douloureuse par certaines personnes alors que d’autres la considéreront comme à peine douloureuse. Une étude menée par Léonie Koban, chercheuse dans l’équipe de Philippe Fossati et Liane Schmidt « Contrôle – Interception – Attention » à l’ICM, a montré que l’expérience de la douleur est influencée par l’expérience individuelle, mais aussi, et encore plus fortement, par les informations provenant d’autres personnes. L’imagerie cérébrale a révélé que ces deux types d’attentes – apprises et sociales – impliquent des réseaux cérébraux différents. Les résultats sont publiés dans Nature Communications.

 

Les attentes influencent nos expériences. Elles peuvent être générées par différentes sources, sur nos expériences vécues ou nos apprentissages, mais aussi sur ce que d’autres personnes nous disent. Des commentaires positifs sur un restaurant ou une exposition modifieront certainement vos attentes concernant ledit restaurant ou exposition. Ceci est également vrai pour les sensations telles que la douleur – pensez par exemple à des examens médicaux ou à des événements généralement assez douloureux comme un accouchement. Si d’autres déclarent qu’un traitement est très ou peu douloureux, les attentes de chacun au sujet de la procédure, et de l’expérience de la douleur elle-même, pourraient s’en retrouver modifier. Cependant, les mécanismes et les systèmes cérébraux impliqués restent flous.

 

Léonie Koban et ses collaborateurs ont utilisé deux stimuli différents pour explorer les effets des attentes sur la douleur : un stimulus d’apprentissage et un stimulus social. Pour le stimulus d’apprentissage, ils ont utilisé un paradigme de conditionnement comprenant un dessin d’animal et un dessin de véhicule, chacun prédictif d’un stimulus de douleur élevé ou faible. Le stimulus social consistait à montrer aux participants les échelles de douleur d’autres personnes, qui pouvaient être soit faibles soit élevées en moyenne, sans pour autant prédire l’intensité réelle du stimulus de douleur à venir. Ils ont ensuite appliqué une chaleur douloureuse d’intensité différente, tout en enregistrant l’activité cérébrale grâce à l’IRM fonctionnelle.

 

« Nous savions déjà que les attentes pouvaient influer sur l’expérience de la douleur. En revanche, les différentes sources d’attentes restaient peu connues et d’autant plus si celles-ci impliquaient des mécanismes cérébraux différents. En fait, nous avons été vraiment surpris par l’ampleur qu’ont eu les informations sociales sur la façon dont les gens ont vécu la douleur… bien plus que leur propre expérience ! Nous pensions initialement que les participants se rendraient vite compte que les informations sociales ne prédisaient pas réellement l’intensité de la chaleur et qu’ils ne seraient plus influencés par celle-ci. Au lieu de cela, l’influence sociale est restée forte tout au long de l’expérience, même lorsque des informations plus prédictives de la douleur imminente étaient données aux personnes. » explique Léonie Koban

 

En outre, ils montrent que les systèmes cérébraux médiateurs des effets d’influence sociale et des effets de l’apprentissage sur la douleur sont différents. Les effets d’apprentissage sont médiés par les zones limbiques et les régions cérébrales postérieures telles que l’hippocampe, alors que les effets sociaux sont médiés par les régions préfrontales et pariétales. Cela pourrait suggérer que l’information sociale contourne les réseaux d’apprentissage et recrute directement des réseaux cérébraux impliqués dans le contrôle et l’attention.

 

« Dans leur ensemble, ces résultats montrent l’importance des attentes sociales et acquises vis-à-vis de la douleur et illustrent les mécanismes neuronaux sous-jacents. Il est essentiel de comprendre comment les attentes, qu’elles proviennent du contexte social ou de l’apprentissage, façonnent notre comportement et notre expérience, car elles ont des conséquences importantes sur le bien-être et la santé dans la vie réelle. » conclut Léonie Koban

 

 

Source

Different brain networks mediate the effects of social and conditioned expectations on pain.

Koban L, Jepma M, López-Solà M, Wager TD. Nat Commun. 2019 Sep 10.

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Julia Sliwa reçoit le Prix Peter and Patricia Gruber https://icm-institute.org/fr/actualite/julia-sliwa-prix-peter-patricia-gruber/ https://icm-institute.org/fr/actualite/julia-sliwa-prix-peter-patricia-gruber/#respond Mon, 21 Oct 2019 13:57:38 +0000 Ignacio Colmenero https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17746 Julia Sliwa, chercheuse CNRS à l’ICM, a reçu le prix international Peter and Patricia Gruber de la Society for Neuroscience pour ses recherches.

La Gruber Foundation a En savoir plus ]]> Julia Sliwa, chercheuse CNRS à l’ICM, a reçu le prix international Peter and Patricia Gruber de la Society for Neuroscience pour ses recherches.

La Gruber Foundation a remis le Peter and Patricia Gruber International Research Award au Dr Julia Sliwa, chargée de recherche CNRS à l’ICM, et au Dr Antonio Fernandez-Ruiz de l’Université de New-York. La remise du prix aura lieu le 20 octobre à Chicago, lors du congrès international de la Society for Neuroscience (SfN).

Ce prix reconnait deux jeunes neuroscientifiques pour leurs travaux remarquables dans un contexte international.

Ce prix est attribué au Dr Sliwa pour les travaux qu’elle a mené entre 2012 et 2018 à l’Université Rockefeller de New-York dans le laboratoire du Professeur Freiwald.  Julia Sliwa a découvert chez les primates des zones du cerveau modulées par les interactions sociales, qui correspondent à des parties du cerveau soutenant les formes les plus élevées de cognition sociale chez l’être humain : la capacité à évaluer l’état mental d’autrui. Elle a également montré comment les interactions sociales modules les aires cérébrales dédiées à la perception des visages et a proposé une nouvelle interprétation du « réseau du système miroir », impliqué dans l’apprentissage par imitation, qui inclut des circuits recrutés par des signaux sociaux et non sociaux.

Julia Sliwa utilise l’IRM fonctionnelle, les enregistrements neurophysiologiques et des comparaisons entre espèces. Ses travaux portent aujourd’hui sur nos représentations neurales de concepts sociaux et sur la compréhension des gestes pendant l’apprentissage social en conditions physiologiques et dans le cas de troubles neurologiques.

 

 

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Master Class créativité https://icm-institute.org/fr/actualite/formation-neurosciences-creativite/ https://icm-institute.org/fr/actualite/formation-neurosciences-creativite/#respond Thu, 10 Oct 2019 10:00:33 +0000 Isabelle REBEIX https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17016 L’ICM propose un large panel de formations et d’enseignements pour les neuro-experts et les « neuro-curieux ».

L’enseignement profite à l’innovation et à En savoir plus ]]> L’ICM propose un large panel de formations et d’enseignements pour les neuro-experts et les « neuro-curieux ».

L’enseignement profite à l’innovation et à l’individu et à l’ICM nous croyons que tout commence avec le cerveau.

Ce que nous savons du cerveau et comment il fonctionne peut avoir d’autres applications que la lutte contre les maladies neurologiques, comme l’amélioration de nos capacités et l’innovation sous tous ses aspects.

Pour ces raisons, l’ICM propose des formations basées sur les neurosciences pour tous les neuro-curieux.

Former vos collaborateurs grâce à notre nouvelle formation « Neurosciences et créativité » !

Avec des scientifiques de l’ICM et des experts de la Société Américaine des neurosciences, nous vous invitons à démystifier ensemble la créativité et à découvrir vos potentiels créatifs et ceux de vos collaborateurs.

Pour toute inscription ou demande d’information à propos de nos programmes de formations en neurosciences, vous pouvez contacter Clarisse MARIE-LUCE – scientific.affairs@icm-institute.org.

 

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Notre catégorisation des couleurs ne dépend pas du langage https://icm-institute.org/fr/actualite/categorisation-couleurs-cerveau/ https://icm-institute.org/fr/actualite/categorisation-couleurs-cerveau/#respond Thu, 10 Oct 2019 07:34:51 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17563 Avons-nous réellement besoin de savoir nommer les couleurs afin de pouvoir les reconnaître et les grouper en catégories (les bleus, les rouges, les verts…) ? Non, En savoir plus ]]> Avons-nous réellement besoin de savoir nommer les couleurs afin de pouvoir les reconnaître et les grouper en catégories (les bleus, les rouges, les verts…) ? Non, selon une étude menée par Katarzyna Siuda-Krzywicka (Sorbonne Université), dans le cadre de sa thèse* dirigée par Paolo Bartolomeo (Inserm) à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) – AP-HP/CNRS/Inserm/Sorbonne Université-. Les résultats sont publiés dans la revue Cell Reports.

 

Nous utilisons tous les jours le langage pour exprimer nos pensées et notre perception du monde. Mais à l’inverse, dans quelle mesure le langage influe-t-il sur notre pensée ? Une question restée en suspens dans le domaine des sciences cognitives est de savoir si les noms que nous donnons aux objets, qui sont liés au langage, sont à l’origine de la façon dont nous catégorisons les objets qui nous entourent ou s’ils ne sont qu’un moyen d’organiser les catégories créées par notre seule perception.

 

Dans ce cadre, la perception des couleurs pose un problème intéressant. Les couleurs que nous voyons résultent d’un traitement par la rétine de la longueur d’onde de la lumière réfléchie par les objets et prennent la forme d’un spectre allant du violet au rouge sans interruption. Pourtant nous établissons des frontières entre différentes couleurs : rouge, violet, jaune, orange, bleu, vert…Le processus cognitif fondamental de la catégorisation renvoie à notre capacité à classer ces différentes teintes de couleur sous des catégories nominales.

 

Selon les résultats de la dernière étude conduite par Katarzyna Siuda-Krzywicka et Paolo Bartolomeo à l’ICM, en collaboration avec une équipe de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, il n’y aurait aucune corrélation entre notre capacité à nommer les couleurs et notre capacité à les catégoriser. Les chercheurs ont pu étudier le cas d’un patient touché par une lésion cérébrale occipito-temporale de l’hémisphère gauche, empêchant l’accès direct de toute information visuelle à son hémisphère gauche. De par l’architecture croisée des voies visuelles, le champ visuel de ce patient était donc entièrement obstrué à droite, mais resté intact à gauche. Comme cela peut être le cas lorsque l’hémisphère gauche du cerveau, dominant pour le langage, est touché par une lésion, le patient était devenu incapable de nommer un certain nombre de couleurs. Ainsi, quand il voyait la couleur jaune, il parvenait à l’associer à la couleur de la banane ou du citron, sans pour autant parvenir à l’appeler « le jaune ». Il parvient ainsi à identifier toutes les couleurs et à les classer de la teinte la plus claire à la plus foncée sans savoir toutes les nommer.

L’hypothèse physiopathologique établie par les chercheurs est que ce patient souffrirait d’une déconnexion entre sa perception des couleurs et ses capacités langagières ; en effet, il a montré à travers une série de tests neuropsychologiques qu’il peut reconnaître toutes les couleurs qu’on lui montre, mais qu’il ne réussit à les nommer que dans 60% des cas.

 

Ces résultats suggèrent qu’il existerait une notion préverbale des couleurs. Cette nouvelle idée selon laquelle il n’y aurait pas besoin d’apports linguistiques pour catégoriser les couleurs converge avec les expériences menées sur les animaux et les enfants de quatre à six mois, qui démontrent une aptitude à catégoriser les couleurs sans avoir de vocabulaire pour les qualifier. « Notre capacité à appréhender et à différencier les couleurs est donc indépendante de notre capacité à les nommer. Cette découverte soulève plusieurs questions quant à l’origine de la catégorisation des couleurs. Notre patient ayant perdu la capacité de nommer les couleurs à l’âge adulte, il est reste tout à fait possible que le langage participe au développement des catégories de couleurs dans l’enfance et que cette dernière s’émancipe du langage par la suite. Une approche pluridisciplinaire combinant des recherches sur la catégorisation des couleurs chez les primates non-humains, son implémentation dans le cerveau humain ou encore sur les interactions entre l’acquisition du langage et la catégorisation des couleurs à des stades précoces du développement, devrait permettre de progresser sur l’origine de cette forme de catégorisation. » conclut Katarzyna Siuda-Krzywicka.

 

« Dans une perspective plus générale, ces résultats confirment que l’étude détaillée de cas individuels de patients avec des lésions cérébrales, souvent aujourd’hui considérée comme une approche du passé, continue de nous fournir des indications importantes sur nos capacités cognitives. Les avancées récentes en neuroimagerie nous permettent maintenant d’utiliser cette approche pour suivre le parcours des différents types d’information traitées dans le cerveau » » conclut Paolo Bartolomeo.

 

*soutenue par une bourse de l’École des Neurosciences de Paris

 

Source

Siuda-Krzywicka, K., Witzel, C., Chabani, E., Taga, M., Coste, C., Cools, N., Ferrieux, S., Cohen, L., Seidel Malkinson, T., & Bartolomeo, P. (2019). Color categorization independent of color naming. Cell Reports

 

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Interview du Pr Vidailhet : mieux détecter pour mieux soigner la maladie de Parkinson https://icm-institute.org/fr/actualite/interview-vidailhet-parkinson/ https://icm-institute.org/fr/actualite/interview-vidailhet-parkinson/#respond Tue, 08 Oct 2019 15:02:12 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17671 Découvrez en vidéo les récentes avancées de l'essai clinique ICEBERG et les espoirs du Pr Marie Vidailhet pour relever le grand défi de la recherche sur la maladie de En savoir plus ]]> Découvrez en vidéo les récentes avancées de l’essai clinique ICEBERG et les espoirs du Pr Marie Vidailhet pour relever le grand défi de la recherche sur la maladie de Parkinson.

 « Je soutiens l’ICM »

L’essai clinique ICEBERG* porte bien son nom. À l’instar de ces blocs d’eau douce dont 90 % du volume est situé sous la surface de l’eau, cet essai est né du postulat que les symptômes de la maladie de Parkinson ne sont que les mani­festations tardives d’un ensemble plus vaste de lésions dont il est possible de détecter les biomar­queurs en phase précoce.

Menée depuis 7 ans par le Pr Marie Vidailhet et le Pr Stéphane Lehéricy à l’ICM sur une cohorte de plus de 300 individus – personnes à risque et sujets sains – l’étude a pour but d’identifier et de valider des marqueurs permettant de pré­dire et de suivre la progression de la maladie, de l’apparition des premiers symptômes jusqu’à la phase d’expression clinique.

Les chercheurs ont en ligne de mire, grâce à la détection de si­gnatures évolutives, la possibilité de faciliter la mise en place des thérapeutiques personnalisées, y compris préventives, en ayant recours aux outils de la médecine prédictive les plus pointus.

*avec le soutien de la Fondation Groupe EDF

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Une exploration des couleurs par notre cerveau https://icm-institute.org/fr/actualite/exploration-couleurs-cerveau/ https://icm-institute.org/fr/actualite/exploration-couleurs-cerveau/#respond Tue, 08 Oct 2019 10:26:12 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17558 Pourquoi le rouge est-il rouge ou le bleu, bleu ? D’où vient notre définition de chaque couleur ? Paolo Bartolomeo (Inserm) et Katarzyna Siuda-Krzywicka* de l’ICM En savoir plus ]]> Pourquoi le rouge est-il rouge ou le bleu, bleu ? D’où vient notre définition de chaque couleur ? Paolo Bartolomeo (Inserm) et Katarzyna Siuda-Krzywicka* de l’ICM et leurs collaborateurs ont fait le point de nos connaissances sur les bases neurales de la catégorisation des couleurs, dans le cerveau humain et chez différentes espèces. Leurs résultats sont publiés dans la revue Cortex.

 

Notre perception des couleurs est continue. Elle prend la forme d’un spectre lumineux allant du violet au rouge sans interruption. Pourtant nous établissons des frontières entre différentes couleurs : rouge, violet, jaune, orange, bleu, vert… Comment et pourquoi faisons-nous cela ? Comment établissons-nous des frontières au sein d’un continuum ? De nombreux chercheurs essayent de le comprendre depuis des dizaines d’années, donnant lieu à des hypothèses aussi diverses que contradictoires.

 

Katarzyna Siuda-Krzywicka (Sorbonne Université), dans le cadre de sa thèse* dirigée par Paolo Bartolomeo (Inserm), co-responsable de l’équipe « PICNIC- neuropsychologie et neuroimagerie fonctionnelle » à l’ICM, nous explique ces différentes hypothèses et propose de nouvelles réflexions et pistes d’étude sur la question de la catégorisation des couleurs.

 

Le langage pour définir les couleurs

 

Concernant la perception et la catégorisation des couleurs, il existe un débat important sur la question : dans quelle mesure le langage détermine la perception et la catégorisation des couleurs ? En effet, plusieurs études montrent des différences de catégorisation des couleurs au sein de cultures n’utilisant pas les mêmes noms pour les désigner.

En français, nous n’utilisons globalement qu’un seul nom pour le « bleu » – qui peut bien sûr être décliné en nuances comme le bleu ciel ou le bleu nuit-, alors qu’en italien, en russe ou en grec, par exemple, deux noms différents existent pour désigner cette couleur. En italien, le bleu pourra être « blu » ou « azzurro ».

En regardant l’activation du cerveau face à ces couleurs par IRM fonctionnelle, il semble bien y avoir des différences entre un sujet grec ou russe et un sujet français ou anglais. Ces résultats iraient donc dans le sens de l’hypothèse du rôle prédominant du langage dans la catégorisation des couleurs.

 

Le contre-exemple des animaux et des bébés

 

S’est alors posée la question de ceux qui ne possédaient pas de langage tel que nous le considérons en tant qu’adulte. Que se passe-t-il chez les animaux ou chez les très jeunes enfants ne parlant pas encore ? Des données de la littérature montrent que certains animaux, comme des poissons ou des oiseaux, peuvent regrouper certaines couleurs sous forme de catégories. Idem chez les nouveau-nés.

 

Nous avons mis en évidence dans notre étude que bien choisir le stimuli que l’on utilise pour étudier la catégorisation des couleurs est très important. Le but principal des catégories de couleurs pourrait être la reconnaissance des objets importants dans notre environnement. Mais ces objets diffèrent d’une espèce à l’autre : ce qui est important pour nous, êtres humains, peut ne pas intéresser les oiseaux et les macaques. Cela nécessite de déplacer l’attention des chercheurs, de couleurs abstraites vers des couleurs pouvant être significatives pour leurs sujets d’étude. Une étude consistait par exemple à mettre des œufs colorés dans des nids d’oiseaux pour vérifier quel serait le critère de rejet de ces œufs « parasites. En réalité, les oiseaux rejettent les œufs qui ne sont pas les leurs en analysant si la couleur était marron. Cette approche « réaliste » a pu montrer l’existence d’au moins une catégorie de couleur chez cette espèce.

 

 

Plus que le langage, l’apprentissage !

 

Les données que nous avons analysées montrent que la catégorisation des couleurs ne serait pas innée mais plutôt le résultat d’un apprentissage. Pour reprendre l’exemple des oiseaux, ils apprennent au cours de leur vie à éviter les œufs de certaines couleurs qui appartiennent à des oiseaux parasites.

 

L’origine de cette catégorisation des couleurs ne serait donc pas uniquement le langage, bien qu’elle y soit certainement liée, mais plutôt un processus d’apprentissage au cours de notre vie pouvant influencer l’attention que nous portons sur certains objets de différentes couleurs dans notre environnement. Cette catégorisation est indispensable pour reconnaître ce qui est importants pour nous : la nourriture, les prédateurs…

Dans ce cas, différentes catégories de couleurs existeront chez différentes espèces car ces éléments essentiels dans la nature varient pour chacune d’elles.

 

Pour étudier cette catégorisation des couleurs, il faut se rapprocher au plus de la nature et des objets présent dans l’environnement des animaux, et non de catégories abstraites.

 

 

Les bases cérébrales de la catégorisation des couleurs

 

L’étude de notre cerveau donnerait-il des indices sur les mécanismes de cette catégorisation ?

Il n’y a pas aujourd’hui d’évidences claires que les régions du langage jouent un rôle pendant le processus de catégorisation. Des patients touchés par des lésions cérébrales et ayant perdu certaines capacités du langage comme la dénomination des couleurs sont pourtant toujours capables de comprendre les catégories de couleurs. Si le langage était obligatoire à ces dernières, ces patients seraient incapables de regrouper les couleurs.

 

En analysant l’ensemble de ces données, nous suggérons que la catégorisation des couleurs est un jeu d’interaction entre des systèmes perceptifs comme la vision et des régions associatives, comme celles de l’attention. Cette catégorisation des couleurs serait donc le résultat d’une interaction complexe de réseaux mais qu’elle serait toujours liée à un apprentissage.

 

*soutenue par une bourse de l’École des Neurosciences de Paris

 

Source

The biological bases of colour categorisation: From goldfish to the human brain.Siuda-Krzywicka K, Boros M, Bartolomeo P, Witzel C. Cortex. 2019 Sep.

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Ninon Burgos reçoit le Cor Baayen Young Researcher Award 2019 https://icm-institute.org/fr/actualite/ninon-burgos-recoit-cor-baayen-young-researcher-award-2019/ https://icm-institute.org/fr/actualite/ninon-burgos-recoit-cor-baayen-young-researcher-award-2019/#respond Wed, 02 Oct 2019 13:06:34 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17655 Ninon Burgos, chercheuse CNRS dans l’équipe Aramis à l’ICM a reçu le Cor Baayen Young Researcher Award 2019 pour ses travaux.

Chaque année, le Consortium En savoir plus ]]> Ninon Burgos, chercheuse CNRS dans l’équipe Aramis à l’ICM a reçu le Cor Baayen Young Researcher Award 2019 pour ses travaux.

Chaque année, le Consortium Européen de Recherche en Informatique et Mathématiques (ERCIM) remet le Cor Baayen Young Researcher Award à des chercheurs pour la qualité scientifique exceptionnelle de leurs travaux et leur impact sur les sciences et la société.

 

Cette année, c’est Ninon Burgos, chercheuse CNRS dans l’équipe « ARAMIS – Algorithmes, modèles et méthodes pour les images et les signaux du cerveau humain» à l’ICM, qui a reçu la prestigieuse récompense.

 

« Travailler à la frontière entre recherche méthodologique et appliquée est très enrichissant mais ne pas rentrer parfaitement dans une case peut parfois dérouter. Je suis donc très heureuse que l’ERCIM, un organisme centré sur la recherche en informatique et mathématiques, ait reconnu la valeur et la qualité de mes travaux. »

 

Les recherches de Ninon Burgos portent sur le traitement et l’analyse d’images médicales, principalement la synthèse et la segmentation d’images, sur l’utilisation des images pour guider le diagnostic et sur l’application de ces méthodes à la clinique. En tant que chercheuse au CNRS, Ninon se concentre sur l’analyse individuelle des images médicales pour améliorer le diagnostic différentiel et renforcer la médecine personnalisée.

 

La remise du prix aura lieu le 29 octobre à Rome lors du congrès européen de science computationnelle (ECSS).

 

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L’événement Bourg-la-Run soutient l’ICM https://icm-institute.org/fr/actualite/bourg-la-run-icm/ https://icm-institute.org/fr/actualite/bourg-la-run-icm/#respond Wed, 02 Oct 2019 10:21:33 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17653 Bourg-la-Run soutient l'ICM cette année du 8 au 11 novembre 2019 !

L'événement Bourg-la-Run, un marathon caritatif de speedrun qui consiste à finir le plus de jeux En savoir plus ]]> Bourg-la-Run soutient l’ICM cette année du 8 au 11 novembre 2019 !

L’événement Bourg-la-Run, un marathon caritatif de speedrun qui consiste à finir le plus de jeux vidéos en un temps minimum, revient pour une nouvelle édition ! 82 joueurs passionnés se relaieront sans interruption pendant 74 heures et sur 75 jeux différents, au profit de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière.

Pour plus d’informations sur le programme et la billetterie, rendez-vous sur le site https://bourgla.run.

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ViK Dépression, l’application pour venir en aide aux patients dépressifs https://icm-institute.org/fr/actualite/vik-depression/ https://icm-institute.org/fr/actualite/vik-depression/#respond Tue, 01 Oct 2019 12:04:53 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17650

Paris (France), le 30 septembre 2019 – WeFight, start‐up incubée à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) lance ViK Dépression, un compagnon En savoir plus ]]>

Paris (France), le 30 septembre 2019 – WeFight, start‐up incubée à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) lance ViK Dépression, un compagnon virtuel qui a pour objectif d’être aux côtés des personnes atteintes de dépression et de leurs proches pour les aider dans le suivi de leur traitement.

En France, une personne sur cinq souffre ou souffrira de dépression dans sa vie. Au niveau mondial, la dépression est la première cause d’incapacité.

La prise en charge des patients avec dépression a plusieurs spécificités. En particulier, les traitements antidépresseurs ne sont pas pris suffisamment longtemps pour assurer une prévention secondaire efficace, ce qui expose le patient au risque de rechute. De plus, la très large majorité des patients sont pris en charge en soins primaires, principalement par les médecins généralistes, soulignant l’importance de l’articulation des soins entre médecins généralistes et psychiatres.

Vik Dépression, un outil de psychoéducation

Vik Dépression est un compagnon virtuel qui a pour objectif d’être aux côtés des personnes atteintes de dépression et de leurs proches. Il n’a pas pour rôle de remplacer les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des patients dépressifs ; mais d’être un outil de psychoéducation facilitant le maintien de la prise d’un traitement antidépresseur à une posologie et une durée suffisantes. Vik Dépression répond ainsi au besoin d’accompagnement, d’information et de soutien des personnes touchées par la dépression. Il est destiné à améliorer le quotidien des malades et de leur entourage.

Vik prend la forme d’un « chatbot » (robot conversationnel), couplé à une intelligence artificielle. Le système est capable de comprendre une question posée par un utilisateur, rechercher dans sa base de données la réponse adaptée et la renvoyer de manière contextualisée. L’apport d’information au patient lui permet d’être acteur de sa propre santé, l’aidant à mieux gérer son traitement, son environnement et sa pathologie tout diminuant les coûts liés à celle‐ci. Vik Dépression est à même de renseigner les patients et proches quant au bon usage des antidépresseurs, fournir des numéros d’aide et d’écoute, rappeler une prise de traitement quotidiennement, mais également informer sur la physiologie de la pathologie, les aides sociales, les psychothérapies envisageables…

Vik Dépression, une collaboration gagnante

Vik Dépression est né de la collaboration entre l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, le service de psychiatrie adulte de l’Hôpital Pitié‐Salpêtrière et la startup Wefight. Le Professeur Philippe Fossati, chef du service de psychiatrie adulte, et le Docteur Jean‐Yves Rotgé ont identifié la problématique liée aux arrêts prématurés des traitements en soins primaires pour les patients avec dépression et ont aidé les équipes techniques et médicales de Wefight à concevoir une version de Vik focalisée sur la prise en charge des patients avec dépression. Ils ont également participé à la création et à la validation des réponses que Vik Dépression va pouvoir fournir aux patients.

Découvrez ViK Dépression sur :

À propos de WeFight

Wefight a été créée en 2017 par Benoît (Pharmacien Hospitalier) et Pierre (Ingénieur). Ils ont associé leurs expertises pour apporter une solution aux angoisses des patients atteints de cancers et de maladies chroniques : Vik. Vik est un compagnon virtuel pour les patients et les proches. Vik a été créé en partenariat avec des associations de patients et des médecins. Son but d’apporter un soutien 24h/24 et 7j/7 en répondant aux questions des patients concernant leur maladie. En l’espace d’un an, Vik aide déjà plusieurs dizaines de milliers de patients dans 5 maladies différentes. L’ambition de Wefight est de positionner Vik en acteur incontournable du parcours de soin des patients pour améliorer leur qualité de vie et être capable d’anticiper des complications et des rechutes.

]]> https://icm-institute.org/fr/actualite/vik-depression/feed/ 0 Le sport intensif est-il bénéfique pour notre santé ? https://icm-institute.org/fr/actualite/sport-intensif-benefique-sante/ https://icm-institute.org/fr/actualite/sport-intensif-benefique-sante/#respond Mon, 30 Sep 2019 08:30:40 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17645 On a coutume de dire et d’entendre qu’une activité sportive est bonne pour la santé, mais jusqu’à quel niveau d’entrainement peut-on aller sans préjudice pour En savoir plus ]]> On a coutume de dire et d’entendre qu’une activité sportive est bonne pour la santé, mais jusqu’à quel niveau d’entrainement peut-on aller sans préjudice pour notre cerveau ?

Une étude menée par Mathias PESSIGLIONE, chef d’équipe à l’Institut du Cerveau, en collaboration avec l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) et l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) montre qu’un entrainement physique trop intense nuit à nos capacités cérébrales, en particulier au contrôle cognitif.

L’étude avait pour objectif principal d’identifier les causes d’un syndrome courant chez les athlètes de haut niveau, le « syndrome de surentrainement », qui se traduit par une baisse des performances sportives et une sensation intense de fatigue. Un athlète souffrant de ce syndrome est souvent tenté par les produits susceptibles de rétablir ses performances, d’où l’intérêt de l’AFLD dans ce projet.

Deux groupes de triathlètes, l’un suivant un entrainement « normal » de haut niveau et l’autre soumis à une surcharge d’entrainement, ont été étudiés à l’Institut du Cerveau d’une part d’un point de vue comportemental et d’autre part par IRM fonctionnelle.

Les chercheurs ont montré qu’un entrainement sportif trop intensif pouvait être assimilé à un travail intellectuel excessif, entrainant les mêmes effets délétères sur l’activité du cortex latéral préfrontal et sur l’impulsivité lors d’une prise de décision.

D’un point de vue physiologique, il semble que le cortex préfrontal soit plus difficile à activer chez un cerveau fatigué, probablement à cause d’un système de rétrocontrôle évitant que cette région épuise les ressources énergétiques du cerveau ou y accumule des déchets métaboliques. Cette hypothèse reste à démontrer par une étude de spectroscopie par résonance magnétique, qui est actuellement menée à l’Institut du Cerveau par l’équipe de Mathias PESSIGLIONE.

En conclusion, cette étude a permis de montrer qu’un excès d’activité sportive, tout comme un excès de travail intellectuel, altère les capacités cérébrales de contrôle cognitif. La diminution du contrôle cognitif dans le cerveau fatigué correspond à une activité réduite du cortex latéral préfrontal, qui se traduit par des décisions impulsives, privilégiant les gratifications à court terme plutôt que les buts à long terme.

Ces résultats mettent en évidence que la fatigue cérébrale doit être prise en compte pour prévenir les mauvaises décisions dans les milieux économiques, politiques ou encore judiciaires. Sur le plan clinique, la fatigue du contrôle cognitif pourrait représenter une première étape dans le développement d’un syndrome de « burn-out », comme on en voit dans toutes sortes de milieux professionnels. Les recherches devront maintenant s’efforcer d’identifier les interventions qui permettent d’en rester au stade de la fatigue, et d’éviter l’installation du burn-out proprement dit, c’est-à-dire l’épuisement complet de la personne.

 

Source

 

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Diagnostic sanguin de prédisposition à la maladie d’Alzheimer https://icm-institute.org/fr/actualite/diagnostic-sanguin-maladie-alzheimer/ https://icm-institute.org/fr/actualite/diagnostic-sanguin-maladie-alzheimer/#respond Wed, 25 Sep 2019 15:51:36 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17618 Aujourd’hui le diagnostic d’une personne à risque de développer la maladie d’Alzheimer est un enjeu majeur face à l’augmentation du nombre de cas prévue dans En savoir plus ]]> Aujourd’hui le diagnostic d’une personne à risque de développer la maladie d’Alzheimer est un enjeu majeur face à l’augmentation du nombre de cas prévue dans les prochaines années due à l’allongement de la durée de vie. Actuellement, la détection des plaques amyloïdes dans le cerveau par PETSCAN est un premier pas vers ce diagnostic puisque la présence de ces lésions constitue un risque augmenté de développer une maladie d’Alzheimer. L’enjeu majeur des prochaines années sera d’une part de prédire avec une haute sensibilité et spécificité l’apparition de la maladie afin de la traiter avant l’apparition des premiers symptômes et d’autre part de diminuer les coûts de diagnostic.

A l’ICM, l’équipe dirigée par Marie-Claude POTIER, chercheur CNRS, en collaboration avec Fanny Mochel clinicienne et chercheuse sur le neurométabolisme, viennent d’identifier un profil biologique sanguin corrélé à 99,4% à la présence de plaques amyloïdes cérébrales chez des sujets inclus dans l’étude INSIGHT menée par le Pr Bruno DUBOIS à l’ICM et à l’IM2A.

Pour la 1ièrefois, les analyses menées par Laura Xicota, postdoctorante dans l’équipe de Marie-Claude en collaboration avec la plate-forme de bioinformatiques de l’ICM ICONICS ont mis en évidence une combinaison de marqueurs sanguins permettant de prédire la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau des personnes identifiées « à risque ». Il s’agit d’un profil biologique spécifique regroupant à la fois des métabolites, des transcrits et des lipides particuliers qui sont plus élevés chez les individus présentant des plaques amyloïdes que chez des sujets dépourvus de plaques amyloïdes. Un deuxième prélèvement sanguin chez ces personnes confirme les résultats qui devront cependant être validés dans une cohorte indépendante.

Cette étude a une implication importante dans deux aspects de la prise en charge de la maladie. D’un point de vue socio-économique, le coût d’une prise de sang et de son analyse n’a aucune commune mesure avec le celui d’un PETSCAN et accélère le délai de diagnostic de personnes présentant un risque augmenté de développer une maladie d’Alzheimer.

D’un point de vue médical, diagnostiquer, identifier et suivre les personnes chez lesquelles la présence de plaques amyloïdes a été détectée permettrait de mieux comprendre les mécanismes déclencheurs de la maladie bien avant l’apparition des symptômes. L’objectif étant de développer de nouvelles thérapies efficaces très tôt afin de ralentir voire stopper l’évolution de la maladie d’Alzheimer avant même que les symptômes dus à la neuro-dégénérescence ne s’installent.

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La maladie d’Alzheimer du sujet jeune https://icm-institute.org/fr/actualite/maladie-dalzheimer-jeune/ https://icm-institute.org/fr/actualite/maladie-dalzheimer-jeune/#respond Fri, 20 Sep 2019 09:06:15 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17598

Depuis plus de vingt ans, Lara Migliaccio, neurologue et chercheuse à l’ICM, travaille avec des patients atteints de démences rares, notamment les formes précoces de En savoir plus ]]>

Depuis plus de vingt ans, Lara Migliaccio, neurologue et chercheuse à l’ICM, travaille avec des patients atteints de démences rares, notamment les formes précoces de la maladie d’Alzheimer. Elle revient avec nous sur son travail auprès de ces patients et ses projets de recherche pour mieux comprendre cette pathologie.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler avec ces patients ?

 

Je suis de neurologue formation. Il y a 20 ans, pendant mon internat en Neurologie, j’observais de plus en plus de patients jeunes atteints d’une maladie de la cognition, qui n’était pas une dégénérescence fronto-temporale (maladie qui notamment touche le plus fréquemment des personnes jeunes), mais atteignait la mémoire, le langage, les fonctions visuo-spatiales. Petit à petit, grâce aux outils à notre disposition, nous avons compris que ces patients, de moins de 65 ans, pouvaient avoir une maladie d’Alzheimer.

Quand on parle d’une maladie d’Alzheimer, nous avons toujours cette image de personnes autour de 70-75 ans, avec des troubles de la mémoire épisodique lents et progressifs. Ce n’était pas du tout le cas des patients que je voyais, qui étaient jeunes, très souvent entre 50-60 ans, et en pleine activité.

Suite à un cas particulièrement complexe d’une patiente que je n’arrivais pas à diagnostiquer, j’ai contacté une collègue aux États-Unis, qui est devenue co-encadrante de mon doctorat, sur les formes précoces de la maladie d’Alzheimer. Depuis lors, je consacre mon travail à ces patients.

 

Quelles sont les caractéristiques de la maladie chez le sujet jeune ?

 

Les patients jeunes ne se manifestent pas toujours de la même façon. Souvent, ils présentent un déficit cognitif multi domaine rapide et sévère, avec au premier plan des déficits de mémoire, mais aussi d’attention, de langage, visuo-spatiaux et exécutifs.

D’autre part, de façon absolument imprévue, certains patients se présentent à la consultation sans troubles de la mémoire au premier plan. Ils peuvent par exemple avoir principalement des difficultés à « trouver leurs mots » ou à « voir ». Ce sont des formes dites focales, ce qu’aujourd’hui nous appelons la variante langagière et la variante visuo-spatiale de la maladie d’Alzheimer. Lorsqu’on évalue ces patients pour les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer, avec une ponction lombaire ou par TEP avec un traceur pour l’amyloïde, ils ont la même maladie biologique qu’une personne de 70 ans avec des troubles de la mémoire.

 

Qu’est-ce qui pousse les patients à consulter ?

 

Le sujet jeune, contrairement au patient âgé, ne vient quasiment jamais consulter en phase prodromale, cette longue période entre les premiers troubles et la démence. Ils compensent généralement très bien leurs déficits. Il faut donc que la pathologie dépasse un seuil -que nous ne connaissons pas- pour que les symptômes deviennent visibles. Dans les formes avec des troubles de la mémoire au premier plan, les patients consultent très souvent suite à des réactions de leur entourage. Ces patients sont très rapidement touchés dans la mémoire de travail et la perception de la maladie donc souvent ils ne se rendent plus compte de leur trouble.

En revanche, les personnes atteintes de formes focales consultent pour une plainte exprimée en première personne : « je ne trouve pas mes mots », « je ne vois pas bien », «  je dois demander à quelqu’un de trouver les objets pour moi, alors qu’ils sont devant mes yeux mais pourtant je ne les vois pas ».

Le plus souvent, il se passe quelque chose au travail.

 

Comment se passe la prise en charge des sujets jeunes ?

 

Au niveau purement pharmacologique, le traitement est le même que pour un patient Alzheimer plus âgé. La prise en charge est un peu différente (et souvent pénible !) sur le plan social.

Pour ce qui concerne la recherche pharmacologique, il y a 10 ans, les patients atteints des formes jeunes et/ou focales étaient exclus des essais thérapeutiques. Aujourd’hui ils ne le sont plus, car la communauté scientifique a reconnu la légitimité d’intégrer ces patients dans des essais sur la maladie d’Alzheimer.

Quel que soit le type d’atteinte cognitif, nous encourageons les patients à s’impliquer dans des activités intellectuelles et physiques. On dit de plus en plus aux patients « faites du sport ». Je dis souvent : « Diversifiez ! Pratiquez des activités intellectuelles que vous n’avez pas l’habitude de faire. Si vous avez toujours été doué pour les langues, changer d’activité, pratiquez une activité manuelle par exemple ». Mais il faudrait le dire dix ou vingt ans avant ! Cela s’applique à tout le monde en réalité, malade ou non.

En général, garder un emploi du temps riche est très important et ne pas toujours se mettre face à l’échec. Il faut aussi penser à des activités « simples » dans lesquelles les patients réussissent. Enfin, nous conseillons aussi une prise en charge en rééducation/remédiation cognitive qui aide les patients dans les phases débutantes de maladie à booster les capacités résiduelles et à les renforcer.

 

Sur quoi porte vos recherches chez ces patients ?

 

La plupart de mes projets de recherche sont centrés sur l’étude des aspects cliniques, biologiques et anatomiques (au niveau structurel et fonctionnel) de ces patients, pour mettre en évidence des caractéristiques communes entre ces patients, quel que soit leurs formes, diffuse ou focale, âgé ou non. Nous nous retrouvons face à une même neuropathologie, avec des plaques amyloïdes et des dépôts de protéine tau, chez des patients présentant des manifestations et parfois des évolutions cliniques très différentes.

 

En particulier, dans notre projet sur la vulnérabilité et la résilience à la maladie, nous cherchons à montrer dans quelle mesure les réseaux neuronaux fonctionnels répondent à l’atteinte pathologique. Nous regardons différentes caractéristiques en imagerie : d’une part la distribution de la pathologie à l’aide du traceur tau, d’autre part la connectivité fonctionnelle. Dans les différents sous-groupes de patients, nous cherchons à comprendre ce qui oriente le patient vers une pathologie plutôt focale et moins évolutive ou au contraire très diffuse avec une évolution beaucoup plus sévère. Notre objectif est aussi d’identifier les caractéristiques individuelles des sujets qui jouent dans la maladie comme la qualité du sommeil, le mode de vie, l’alimentation, les activités plus ou moins intellectuelles, pour obtenir une mesure à l’échelle individuelle de ce qu’on appelle la réserve cognitive. Nous recherchons aussi éventuelles troubles du développement et de l’apprentissage pendant l’enfance comme une dyslexie ou une dyspraxie. La réserve cognitive et la présence de troubles du développement façonnent de façon plus ou moins évidente notre cerveau et le rendent plus ou moins vulnérable ou résilient à la pathologie. Des patients qui partagent une même pathologie mais des profils cliniques différents pourraient se différencier par ces deux aspects.

 

A ce sujet, des études ont montré que les patients atteints d’une forme focale de la pathologie avaient eu plus souvent des troubles de l’apprentissage pendant l’enfance comme une dyslexie ou une dyscalculie. En revanche, ceux qui ont eu des troubles de l’apprentissage enfant, s’ils développent la pathologie, présentent une forme qui semble moins grave et moins agressive.

 

Le défi de notre projet est de suivre les patients possiblement sur plusieurs années et de mettre en évidence les caractéristiques basales qui prédisent l’évolution à deux ans et extraire des mesures concrètes pour construire un algorithme de l’évolution personnalisée des patients.

Ces variantes précoces de la maladie d’Alzheimer posent des défis majeurs pour le diagnostic, le suivi de la maladie et, par conséquent les soins, et illustrent l’apparent paradoxe d’un groupe cliniquement diversifié de patients mais soutenus par un substrat pathologique commun. A l’heure actuelle, par exemple, il est impossible de différencier les patients qui resteront stables de ceux qui évolueront rapidement, et donner un ordre de priorité pour des interventions thérapeutiques précoces devient difficile. L’approche pharmacologique de la maladie d’Alzheimer dépend essentiellement d’une meilleure connaissance de la distribution et de la progression de l’histopathologie sous-jacente, les dépôts de tau par exemple. Lorsque des traitements de fond de la maladie d’Alzheimer deviendront disponibles, une définition précise des variantes phénotypiques de la maladie d’Alzheimer sera essentielle pour la sélection des patients pour ces traitements et le suivi de la réponse. Cette information faciliterait à son tour le recrutement de patients pour les essais cliniques de thérapies ciblant la pathologie de la maladie d’Alzheimer . La nature dévastatrice d’une démence qui commence dès le plus jeune âge souligne la nécessité d’évaluer et d’étudier ces personnes.

 

A l’heure actuelle en France, le nombre de patients âgés de moins de 60 ans atteints de la maladie d’Alzheimer est estimé à 33000.[1]Les patients atteints de démence précoce ont des coûts économiques et psychosociaux importants pour le soignant en raison de l’apparition précoce de la maladie et de son évolution imprévisible. Ces patients, plus jeunes, participent souvent activement à l’emploi, à l’entretien des familles et à la prise en charge des enfants lorsque la maladie frappe.

[1]http://alzheimer-recherche.org/la-maladie-alzheimer/quest-maladie-dalzheimer/definition-et-chiffres/

 

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Alzheimer, la maladie du siècle selon le Pr Bruno Dubois https://icm-institute.org/fr/actualite/alzheimer-maladie-siecle-selon-bruno-dubois/ https://icm-institute.org/fr/actualite/alzheimer-maladie-siecle-selon-bruno-dubois/#respond Thu, 19 Sep 2019 07:59:32 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17526 Alors que l'espérance de vie augmente, la maladie d'Alzheimer tend à gagner du terrain et touchera probablement 1,3 millions de français d'ici 2020. (source : En savoir plus ]]> Alors que l’espérance de vie augmente, la maladie d’Alzheimer tend à gagner du terrain et touchera probablement 1,3 millions de français d’ici 2020. (source : Inserm)

Il est alors plus que jamais nécessaire de s’intéresser en profondeur à cette pathologie qui a comme conséquence principale des troubles de la mémoire.

Dans ce contexte, le neurologue Bruno Dubois, qui dirige actuellement une équipe de recherche à l’ICM, a souhaité mettre en lumière la maladie au travers de son nouvel ouvrage « Alzheimer, la vérité sur la maladie du siècle ».

Il y dénonce notamment que la maladie d’Alzheimer soit trop souvent incomprise, et injustement assimilée au « gâtisme ou à la démence sénile ».

Fort de ses expériences en neurologie, le directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer dresse dans son livre un portrait aussi bien réaliste qu’humain de la maladie d’Alzheimer.

Un ouvrage à découvrir sans attendre !

Bruno Dubois :

Professeur de Neurologie, Sorbonne Université.

Directeur du Centre des Maladies Cognitives et Comportementales à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et Directeur de l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A) de cet hôpital.

Il coordonne le Centre National de Référence des « Démences Rares », le centre multisite «Malades Alzheimer Jeunes » et le Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) de la région Ile-de-France.

Principal Investigateur INSERM « FRONTLAB: Fonctions et dysfonctions de systèmes frontaux » de l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière (ICM).

Il est Directeur Scientifique de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer.

 

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Dossier spécial : où en est la recherche sur la maladie d’Alzheimer ? https://icm-institute.org/fr/actualite/journee-mondiale-alzheimer/ https://icm-institute.org/fr/actualite/journee-mondiale-alzheimer/#respond Tue, 17 Sep 2019 12:36:31 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17547 Épidémiologie :
  • Plus de 1 200 000 personnes touchées en France aujourd’hui
  • 225 000 nouveaux cas chaque année
  • 1 personne sur 20 à partir de 65 ans et 1 personne En savoir plus ]]> Épidémiologie :
    • Plus de 1 200 000 personnes touchées en France aujourd’hui
    • 225 000 nouveaux cas chaque année
    • 1 personne sur 20 à partir de 65 ans et 1 personne sur 4 après 85 ans
    • Les formes héréditaires dites « familiales » de la maladie, représentent moins de 1 % des cas et se déclarent avant 60 ans.

     Des gènes de prédisposition existent par exemple être porteur d’un allèle spécifique du gène ApoE (l’ApoE4) qui intervient dans les mécanismes de réparation neuronale. Cependant de nombreuses personnes porteuses de l’Apoe4 ne déclareront jamais la maladie !

    Les enjeux de la recherche sur cette pathologie sont à la fois :

    • médicaux, diagnostiquer la maladie avant l’apparition de dommages cérébraux irréversibles
    • sociaux, améliorer la prise en charge et le parcours de soin des patients et de leurs aidants
    • sociétaux, diminuer le nombre de nouveaux cas grâce à des approches de prévention personnalisées c’est-à-dire adaptées à chaque patient.

    Symptômes :

    Deux types de lésions cérébrales :

    • Les plaques amyloïdes, ou plaques séniles : elles sont constituées d’agrégats de peptide bêta-amyloïde entre les neurones. La protéine bêta-amyloïde est une protéine « normale » du cerveau qui est coupée en peptides solubles dans un cerveau sain et en peptide bêta toxique dans le cas de la maladie d’Alzheimer.
    • Une dégénérescence neurofibrillaire : il s’agit d’une accumulation, sous forme de fibres à l’intérieur des neurones, d’une autre protéine anormale, la protéine Tau qui participe à l’organisation, la stabilisation et la régulation du transport de l’information dans le neurone.

    Une inflammation :

    Au sein des lésions on trouve des cellules immunitaires responsables d’une inflammation, qui apparaît précocement, avant les premiers signes de la maladie et qui semble jouer un rôle complexe à la fois néfaste par certains aspects et bénéfique par d’autres.

    Plusieurs régions du cerveau touchées :

    Les lésions touchent d’abord l’hippocampe impliqué dans les processus de mémorisation, puis progressivement le système limbique qui gère les émotions et le cortex commandant la maîtrise de l’espace, le contrôle des gestes, le langage, l’anticipation et la planification des comportements.

    Diagnostic :

    2 étapes :

    LES TESTS CLINIQUES regroupent des tests cognitifs effectués par le neurologue et le neuropsychologue qui permettent d’évaluer la mémoire, le langage, la motricité ou encore l’attention.

    LES TESTS PARA-CLINIQUES s’appuient sur les techniques de l’imagerie cérébrale (IRM et TEP) et sur des analyses biologiques (ponction lombaire) et doivent être cumulés et concordants pour un diagnostic certain.

    Traitements et prise en charge :

    Une fois le patient diagnostiqué, sa prise en charge est pluridisciplinaire : médicale, psychologique et sociale.

    • Deux grands types de traitements médicamenteux sont validés et disponibles à l’heure actuelle contre la maladie et leur efficacité est démontrée, même si elle est modeste. Ils permettent de stabiliser les symptômes et de freiner temporairement la progression de la maladie, cependant, compte-tenu de certains effets secondaires, leur tolérance et leur efficacité doivent être régulièrement réévaluées.
    • Des séances d’orthophonie peuvent également être prescrites pour remédier aux domaines cognitifs fragilisés, en particulier la mémoire et le langage et pour développer des stratégies de contournement des difficultés.
    • Enfin, les aspects social et psychologique sont primordiaux. Il est nécessaire d’apporter un soutien au patient et à ses proches car cette maladie a un impact sur toute la famille. Des aides sociales doivent être mises en place assez précocement avec un maître mot, l’anticipation.
    • Les ESA ou Equipe spécialisée Alzheimer, mises en place dans le cadre du plan national Alzheimer 2008-2012, sont des équipes mobiles composées de travailleurs sociaux, d’ergothérapeutes, de psychomotriciens qui viennent au domicile des patients. Leur mission est d’identifier les problèmes auxquels sont confrontés les malades au quotidien et de trouver des pistes pour y remédier.
    • Des centres d’accueil de jour proposent également des activités in situ. Le patient se déplace et bénéficie de stimulation cognitive pendant des demi-journées ou des journées entières.

    A l’ICM :

    • 4 équipes de recherche
    • 1 infrastructure de recherche clinique « iCRIN » dédié en lien avec l’Hôpital Pitié-Salpêtrière
    • 3 axes de recherche principaux :
      • Compréhension des mécanismes physiologiques de la maladie
      • Diagnostic précoce et pronostic de l’évolution de la maladie
      • Développer de nouveaux traitements personnalisés et ciblés

     

      Je soutiens les chercheurs de l’ICM

    Comprendre les mécanismes physiologiques de la maladie

    De nouveaux modèles pour comprendre la maladie d’Alzheimer

    La technologie des « mini-brains » représente un nouveau modèle de choix pour les études précliniques, car ces organoïdes créés à partir des cellules souches reprogrammées de patients permettent de disposer de « cerveaux miniaturisés » reproduisant les caractéristiques de la maladie associée. Les mini-brains sont donc à la fois un outil puissant pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et un modèle proche de l’humain idéal pour préparer l’entrée de nouvelles molécules en clinique. Avec le programme « MINIAD» l’ICM envisage de développer des « mini brains » issus de cellules de patients et développer une plateforme de référence pour la préparation des essais cliniques, qui doit permettre tester des molécules en cours de développement sur du tissu cérébral humain créé à partir de petits échantillons de peau venant de patients

    Comment la maladie d’Alzheimer perturbe les connexions cérébrales

    La maladie d’Alzheimer entraîne une progressive destruction des connexions entre différentes régions du cerveau. Grâce à des techniques de pointe d’imagerie et d’analyse de réseau, les équipes d’Olivier Colliot & Stanley Durrleman et de Bruno Dubois & Richard Lévy ont montré que les altérations des connexions cérébrales sont présentes dès le stade précoce de la maladie. Ces résultats soulignent l’intérêt majeur de ce type d’analyse pour l’étude des stades précoces de la maladie d’Alzheimer et la mise en place de nouvelles stratégies diagnostiques et thérapeutiques.

    Cholestérol et Apolipoprotéine E (APOE) dans la maladie d’Alzheimer

     Les lipides sont essentiels au fonctionnement du cerveau. Il est l’un des tissus les plus riches en lipides. Il existe les lipides simples ou acide gras et les lipides complexes comme les phospholipides et le cholestérol. Les membranes des neurones contiennent des acides gras et des lipides complexes. Le cholestérol est un composant majeur des membranes. Il assure la stabilité et le maintien des structures.  Il est enrichi dans la gaine de myéline, indispensable à la propagation de l’influx nerveux. Les peptides amyloïdes B présent dans la maladie d’Alzheimer sont produits à partir de la protéine APP qui est transmembranaire. Des enzymes coupent l’APP pour extraire l’amyloïde. Il y a production de peptide amyloïdes en conditions physiologiques. Les peptides Aßsont très insolubles en dehors des membranes. Ils vont tout de suite s’agréger pour former des polymères et des fibres et enfin des plaques amyloïdes.

    Le cholestérol présent au niveau des membranes régule l’entrée d’APP à l’intérieur des cellules pour être clivé par les enzymes et libérer le peptide amyloïde. Le cholestérol se fixe dans une région spécifique de l’APP. Pour essayer de contrer cette interaction entre le cholestérol et l’APP, l’équipe de Marie-Claude Potier travaille sur la liaison du cholestérol sur l’APP et étudier les sites de fixation existant sur l’APP et comment leur modification pourrait changer l’interaction entre l’APP et le cholestérol. L’équipe cherche à comprendre les liens entre ces interactions et les conséquences d’une mutation du site de fixation dans la production de peptides amyloïdes pathologiques. En mutant le site de liaison, la protéine APP va rentrer plus profondément dans la membrane conduisant les enzymes à cliver à un autre endroit que d’ordinaire, donnant un peptide amyloïde plus court, ce qui pourrait avoir un impact sur la production d’amyloïde pathologique.

    Diagnostic précoce et pronostic de l’évolution de la maladie

    Des modèles numériques de l’évolution de la maladie

    À travers le projet Dynamo (DYNAmic MOdels), les équipes de l’ICM cherchent à créer un modèle numérique de l’évolution du cerveau au cours de la maladie d’Alzheimer, avec l’ambition d’obtenir à terme un outil de médecine prédictive de précision. Ce projet repose sur la capacité de l’Institut à collecter et exploiter des données issues d’un grand nombre de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou à risque de la développer. L’objectif final consiste à mettre à la disposition des médecins, un outil informatique d’intelligence artificielle capable de diagnostiquer au plus tôt la maladie et de proposer un pronostic d’évolution personnalisé pour chaque patient.

    Vulnérabilité et résilience cérébrale dans la maladie d’Alzheimer du sujet jeune

    A l’heure actuelle en France, le nombre de patients âgés de moins de 60 ans atteints est estimé à 33000. Ces patients, plus jeunes, participent souvent activement à l’emploi, à l’entretien des familles et à la prise en charge des enfants lorsque la maladie frappe. Ces variantes précoces de la MA posent des défis majeurs pour le diagnostic, le suivi de la maladie et, par conséquent les soins, et illustrent l’apparent paradoxe d’un groupe cliniquement diversifié de patients mais soutenus par un substrat pathologique commun. Les chercheurs de l’ICM cherchent notamment à comprendre les facteurs de vulnérabilité et de résilience de la maladie, c’est-à-dire dans quelle mesure les réseaux neuronaux fonctionnels répondent à l’atteinte pathologique. L’objectif est d’identifier les caractéristiques basales qui prédisent l’évolution de la maladie pour construire des algorithmes pronostiques personnalisés pour les patients.

    Retrouvez plus d’informations sur nos recherches dans la maladie d’Alzheimer du sujet jeune ici

    Des mécanismes de compensation chez des sujets à risque de développer la maladie

    L’étude INSIGHT est l’une des premières au monde à suivre plus de 320 sujets sains à risque dans le but d’identifier les facteurs de déclenchement de la maladie d’Alzheimer. Les premiers résultats de cette étude, parus début 2018, montrent, à 30 mois de suivi, que la présence de lésions amyloïdes (lésions Alzheimer) n’a pas d’impact sur la cognition et le comportement des sujets qui en sont porteurs. Ils suggèrent l’existence de mécanismes de compensation chez les sujets porteurs de ces lésions.

    Pour en savoir plus sur cette étude, cliquez ici 

    Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer à la phase préclinique grâce à l’électroencéphalographie

    Sinead Gaubert, neurologue et chercheuse à l’ICM (CNRS/Inserm/Sorbonne Université), Federico Raimondo (Université de Liège/Sorbonne Université) et Stéphane Epelbaum, neurologue et chercheur à l’ICM (CNRS/Inserm/Sorbonne Université), ont mis en évidence grâce à l’électroencéphalographie (EEG) des modifications électriques cérébrales précoces chez des sujets à la phase préclinique de la maladie d’Alzheimer, dans la cohorte INSIGHT-preAD suivie à l’institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer à l’hôpital Pitié-Salpêtrière par l’équipe de recherche clinique du Pr Bruno Dubois. Ces résultats extrêmement prometteurs laissent à penser que l’EEG pourrait être utilisé dans les années à venir pour dépister précocement la maladie d’Alzheimer au stade préclinique. La prochaine étape sera de combiner les biomarqueurs EEG grâce à un algorithme de machine-learning pour développer un outil diagnostic haute performance qui soit utilisable en pratique clinique courante. Enfin, des études complémentaires viseront à adapter cette méthode à des systèmes d’électroencéphalographie courants, comportant un nombre réduit d’électrodes (21 électrodes au lieu de 256) pour rendre cette technique accessible aux centres médicaux de ville.

    Développer de nouveaux traitements personnalisés et ciblés

    Des ultrasons comme piste

    Le projet BOREAL est un essai assez unique coordonné par le Dr Stéphane Epelbaum et né d’une collaboration entre le Professeur Alexandre Carpentier, l’APHP et la start-up Carthera incubée à l’ICM. Il consiste à rendre ponctuellement perméable, et sans risque, la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau, chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. L’hypothèse des chercheurs est que l’ouverture de cette barrière pourrait permettre d’évacuer les lésions caractéristiques de la maladie qui s’accumulent dans le cerveau et ainsi diminuer les symptômes de la maladie.

    Améliorer la mémorisation pendant le sommeil

    L’objectif du projet MEMOWAVE menée par Stéphane Epelbaum et Isabelle Arnulf est de renforcer la mémoire pendant le sommeil chez des personnes présentant des troubles légers de la mémoire, qui est un facteur de risque important de développer la maladie d’Alzheimer. Un dispositif appliqué dans l’oreille enregistre l’activité électrique du cerveau et en particulier l’onde lente delta, caractéristique du sommeil lent profond au cours duquel les phénomènes de mémorisation et de consolidation des souvenirs sont les plus efficaces. Le dispositif envoie ensuite un son pour stimuler l’onde delta. En amplifiant cette onde, l’objectif est d’améliorer la consolidation de l’information pendant le sommeil et permettre de diminuer les troubles de mémoire de ces personnes.

      Je soutiens les chercheurs de l’ICM

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    https://icm-institute.org/fr/actualite/journee-mondiale-alzheimer/feed/ 0 BGC Partners a soutenu l’ICM lors du Charity Day ! https://icm-institute.org/fr/actualite/bgc-partners-soutient-licm-lors-charity-day/ https://icm-institute.org/fr/actualite/bgc-partners-soutient-licm-lors-charity-day/#respond Tue, 17 Sep 2019 08:09:51 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17486 BGC Partners, leader mondial dans le courtage interbancaire, a une fois de plus apporté son généreux soutien à l'ICM, à l'occasion de la 15ème édition du BGC En savoir plus ]]> BGC Partners, leader mondial dans le courtage interbancaire, a une fois de plus apporté son généreux soutien à l’ICM, à l’occasion de la 15ème édition du BGC Charity Day. Cet événement international a lieu tous les ans, le 11 septembre, et a pour vocation de commémorer les disparus de l’attaque du World Trade Center en levant des fonds pour diverses associations caritatives.

    Cette année encore, l’ICM a eu la chance de faire partie des associations sélectionnées par Aurel BGC, la filiale française de BGC Partners. Le Pr Gérard Saillant ainsi que nos parrains et marraines, Claire Chazal, Paul Belmondo, Philippe Candelero et Nathalie Lannetta, se sont réunis dans les bureaux de la société parisienne pour se mettre dans la peau d’un Broker, le temps d’une journée.

    Le chiffre d’affaires total de la journée au niveau mondial de BGC Partners est reversé aux associations partenaires. Nous souhaitons remercier BGC Partners et Aurel BGC pour leur générosité, ainsi que Claire Chazal, Paul Belmondo, Philippe Candelero et Nathalie Lannetta pour leur engagement aux côtés des chercheurs de l’ICM.

     

     

     

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    Un seul gène détermine si une mouche possède une bonne vue ou un bon odorat https://icm-institute.org/fr/actualite/bassem-genetique-drosophile/ https://icm-institute.org/fr/actualite/bassem-genetique-drosophile/#respond Mon, 16 Sep 2019 10:05:44 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17540 Établir un compromis entre la taille des organes visuels et olfactifs est courant dans l’évolution animale mais les mécanismes génétiques et développementaux En savoir plus ]]> Établir un compromis entre la taille des organes visuels et olfactifs est courant dans l’évolution animale mais les mécanismes génétiques et développementaux sous-jacents restent peu clairs. Une étude conduite par Ariane Ramaekers (Sorbonne Université) et Bassem Hassan (Inserm) à l’ICM révèle qu’un seul variant génétique, qui affecte le cours du développement des organes sensoriels chez la drosophile (mouche du vinaigre), pourrait expliquer le compromis établi entre la taille des yeux et des antennes. Il pourrait ainsi fournir une voie rapide pour les changements comportementaux et l’adaptation. De plus, le gène concerné, eyeless/Pax6, est conservé chez les invertébrés et les vertébrés, dont l’être humain. Cette découverte pourrait donc représenter un mécanisme général du compromis de la taille des organes sensoriels au sein du règne animal. Les résultats sont publiés dans la revue Developmental Cell.

     

    Les sens des animaux ont évolué pour mieux naviguer et exploiter l’environnement. En résulte que même des espèces très proches, mais vivant dans des environnements différents, montrent des variations dans la taille et la forme de leurs structures sensorielles. Chez les arthropodes, comme la mouche du vinaigre, les compromis entre la taille des yeux et des antennes, où sont situés la majorité des organes olfactifs, sont omniprésents.

     

    « Nous montrons dans cette étude qu’il existe des conséquences à des changements subtiles dans les mécanismes conservés qui gouvernent le développement des organes sensoriels » explique Bassem Hassan, dernier auteur de l’étude et chef de l’équipe « Développement du cerveau » à l’ICM. « D’une manière plus générale, cela signifie qu’il est impossible de comprendre totalement les liens entre les variations génétiques et morphologiques sans comprendre les processus développementaux qui conduisent de l’un à l’autre. »

     

    Pour comprendre ces mécanismes, Bassem Hassan et Ariane Ramaekers ont combiné des analyses comparatives de différentes espèces et souches de drosophile avec des approches développementales, moléculaires et génomique. Les auteurs se sont plus spécifiquement concentrés sur une structure appelée le disque imaginal œil-antenne (eye-antennal imaginal disc, EAD), composée d’un champ visuel et d’un champ non-visuel, et à l’origine de tous les organes sensoriels externes de la tête chez la drosophile au cours du développement.

     

    Les chercheurs ont mis en évidence que le champ visuel est proportionnellement plus grand chez Drosophila pseudoobscura (D. pse.)que chez Drosophila melanogaster (D. mel.), avec une augmentation de 35% du nombre d’ommatidies – les petites unités composant l’œil de la mouche. De façon similaire, le champ visuel est proportionnellement plus grand chez une souche de D. mel.appelée Canton-S comparée à la souche de D. mel.Hikone-AS, avec une augmentation de 12,5% du nombre d’ommatidies.

     

    « Ces données suggèrent que malgré 17 à 30 millions d’années d’évolution distincte de ces deux espèces, la variation du nombre d’ommatidies entre D. mel. Et D. pse. et entre les deux souches de D. mel., partage une même logique d’un point de vue développemental. » poursuit Bassem Hassan.

    Têtes de D. melanogaster (haut) et de D. pseudoobscura (bas) montrant différentes proportions d’yeux et d’antennes (crédit : A. Ramaekers and N. Grillenzoni)

    Afin d’élucider les causes génétiques de la variation de la taille des yeux, les chercheurs ont examiné les séquences ADN sur lesquelles se fixent des protéines particulières, les facteurs de transcriptions, pour réguler l’expression du gèneeyeless/Pax6. Ils ont identifié une unique variation génétique, une substitution d’un nucléotide G en A au niveau d’un site de fixation, qui différencient les espèces avec des yeux de grande taille ou de petite taille. Cet allèle G, chez les espèces possédant des yeux de taille inférieure, est supposé avoir une meilleure affinité avec le site de liaison, conduisant à une plus grande répression de l’expression du gène eyeless/Pax6 par rapport à l’allèle A chez les espèces aux yeux de grande taille.

     

    Des analyses complémentaires ont montré que ce variant était présent dans des populations naturelles de drosophiles, et que l’allèle A correspond à un nombre augmenté d’ommatidies et des antennes de largeur réduite chez les différentes souches de laboratoire. Grâce à la technologie Crispr/Cas9, les chercheurs ont pu introduire un allèle A au sein d’une population uniquement porteuse de l’allèle G et ont mis en évidence que cette substitution G>A augmentait le nombre d’ommatidies.

     

    « Nous avons été surpris par la simplicité du mécanisme de compromis sensoriel que nous avons identifié. Pour faire varier la taille des organes sensoriels, les yeux contre les antennes dans le cas présent, il suffit de faire varier un peu l’expression d’un seul gène. » souligne Ariane Ramaekers, première auteur de l’étude. « Il est particulièrement intéressant que ce gène, Pax6, soit le même qui construit les yeux de tous les animaux dont l’être humain. Nous avons aussi été surpris de voir que ce qui compte pour générer le compromis est quand, et non où, le gène Pax6 est exprimé. Pour modifier la taille des yeux, il suffit d’accélérer ou de ralentir légèrement la subdivision du primoridum de la tête entre les territoires visuels et non-visuels. »

    Différentes régulations temporelles de ey/PAX6 chez D. melanogaster (gauche) et de D. pseudoobscura (droit). Au cours de la seconde étape larvaire tardive, l’action activatrice de ey/PAX6, visible grâce à l’expression d’un gène rapporteur (en vert, GFP), a presque entièrement disparu de la partie non-visuel de l’EAD (en magenta) chez D. pseudoobscura. Au même stade de développement, l’action activatrice est toujours détectée chez D. melanogaster dans cette région. (crédit : A. Ramaekers)

     

    Pour les auteurs, ces résultats soulèvent plusieurs questions intéressantes, par exemple comment ce variant modifie le cours de l’expression de Pax6et le développement des organes sensoriels. De plus, il est possible que modifier la temporalité de l’expression de gènes clés du développement puisse être une règle générale pour faire varier la taille d’un tissu ou d’un organe. Enfin, un autre questionnement important est de savoir si les changements relatifs de taille des organes sensoriels affectent les régions sensorielles du cerveau.

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    Ce travail est soutenu par le VIB, le Belspo WiBrain Interuniversity Attraction Pole network, le Fonds Wetenschappelijke Onderzoeks (FWO), l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU), l’Institut du Cerveau et de la Moëlle Epinière (ICM), le FLiACT Marie Curie ITN, et une bourse de la Swiss National Science Foundation (SNSF).

    Developmental Cell, Ramaekers et al.: “Altering the temporal regulation of one transcription factor drives evolutionary trade-offs between head sensory organs” https://www.cell.com/developmental-cell/fulltext/S1534-5807(19)30658-6DOI: 10.1016/j.devcel.2019.07.027

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    Le Grand Prix de l’Association Robert Debré pour la recherche médicale attribué à Stéphanie Baulac https://icm-institute.org/fr/actualite/grand-prix-de-lassociation-robert-debre-recherche-medicale-attribue-a-stephanie-baulac/ https://icm-institute.org/fr/actualite/grand-prix-de-lassociation-robert-debre-recherche-medicale-attribue-a-stephanie-baulac/#respond Mon, 16 Sep 2019 08:08:27 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17575 Stéphanie Baulac, cheffe de l’équipe « Génétique et physiopathologie de l’épilepsie » à l’ICM,a reçu le Grand Prix de l'Association Robert Debré pour En savoir plus ]]> Stéphanie Baulac, cheffe de l’équipe « Génétique et physiopathologie de l’épilepsie » à l’ICM,a reçu le Grand Prix de l’Association Robert Debré pour la recherche médicale pour ses travaux.

     

    L’Association Robert Debré pour la recherche médicale (ARDRM) attribue chaque année 2 grands prix de 50 000 euros chacun, l’un à orientation clinique et l’autre à orientation fondamentale.

     

    Ces prix sont destinés à honorer les travaux de recherche d’équipes engagées dans la recherche biologique et médicale et à faciliter la poursuite et le développement de leurs projets.

    Cette année, c’est Stéphanie Baulac, responsable de l’équipe « Génétique et physiopathologie de l’épilepsie » à l’ICM, qui a été récompensée par le prix à orientation fondamentale, pour ses travaux sur la génétique des épilepsies avec malformation du développement cortical.

     

    « Ce prix est la reconnaissance du travail que nous menons au quotidien pour comprendre les épilepsies associées à des malformations cérébrales. Il représente un soutien important pour poursuivre nos recherches. » Stéphanie Baulac

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    Autapses inhibitrices, modulateurs de l’activité des réseaux de neurones corticaux https://icm-institute.org/fr/actualite/autapses-inhibitrices-modulateurs-de-lactivite-reseaux-de-neurones-corticaux/ https://icm-institute.org/fr/actualite/autapses-inhibitrices-modulateurs-de-lactivite-reseaux-de-neurones-corticaux/#respond Thu, 12 Sep 2019 12:28:41 +0000 Margaux Orsini https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17488 Une étude conduite par l’équipe d’Alberto BACCI (CNRS) à l’ICM a montré qu’un type spécifique de neurones corticaux formait un grand nombre de synapses avec En savoir plus ]]> Une étude conduite par l’équipe d’Alberto BACCI (CNRS) à l’ICM a montré qu’un type spécifique de neurones corticaux formait un grand nombre de synapses avec eux-mêmes appelées autapses.

    Cette auto-inhibition (inhibition autaptique) est beaucoup plus puissante que l’inhibition que ces cellules exercent sur les autres neurones du réseau cortical. Ce mécanisme influence le couplage entre l’activité de ces neurones et les oscillations gamma, un rythme cérébral essentiel à la perception sensorielle, l’attention, la mémoire et d’autres fonctions cognitives. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans PLOS BIOLOGY.

    neurones

     

    Dans le cortex cérébral, les cellules en panier exprimant la parvalbumine (cellules PV) représentent un type majeur de neurones inhibiteurs jouant un rôle dans plusieurs fonctions cognitives importantes. Ces cellules sont connues pour êtres les « métronomes » des réseaux neuronaux car ils donnent le tempo et synchronisent de nombreux autres types neuronaux, entrainant diverses oscillations cérébrales essentielles aux fonctions cognitives telles que la perception sensorielle, la mémoire et l’attention.

     

    Les neurones communiquent entre eux via des synapses, structures spécialisées qui connectent généralement deux neurones entre eux localisés soit à distance l’un de l’autre soit à proximité au sein d’un même microcircuit.

     

    Une étude conduite par l’équipe d’Alberto BACCI à l’ICM a montré que la présence d’autapses dans les cellules PV était un phénomène courant et puissant : environ 70% de ces cellules présentent une transmission autaptique et génèrent de fortes réponses fonctionnelles inhibitrices.

    Nous avons montré que les cellules PV, établissent de nombreux contacts autaptiquessur leurs propres dendrites et exerçent une auto-inhibition très rapide et puissante. Cependant jusqu’à maintenant l’impact de cette forte inhibition autaptique sur les réseaux corticaux a été relativement négligé. C’est pourquoi la première étape importante de nos travaux a été de quantifier cette auto-inhibition » explique Charlotte DELEUZE, premier auteur de cette étude.

    Pour cela, les chercheurs se sont intéressés aux deux types majoritaires de partenaires synaptiques des cellules PV au sein du réseau cortical : les neurones pyramidaux (PNs) et les autres cellules PV.Ils ont mesuré et comparé la puissance de l’auto-inhibition autaptique à celle de l’inhibition synaptique sur les autres cellules PV et les PNs.Ils ont montré que la réponse autaptique est trois fois plus forte que la transmission synaptique avec les PNs et deux fois plus forte que la transmission avec les autres cellules PV.Grace à une nouvelle approche d’analyse développée par le laboratoire dirigé par Marco BEATO de l’université UCL de Londres (collaboration), l’équipe a pu montrer que la transmission autaptique était plus forte que les connections PV-PNs grâce à une sensibilité post-synaptique plus grande. A l’inverse, au niveau des connections PV-PV, lla puissance supérieure des autapses résulte d’un plus grand nombre de sites de libération autaptique .

    Après avoir mis en évidence une plus forte inhibition par les autapses, la question majeure était de quantifier l’étendue de cette inhibition. Une seule cellule PV reçoit de nombreux messages afférents des autres cellules et d’elle-même.  A quel degré ces autapses contribuent-elles à l’inhibition totale reçue par les cellules PV ? » continue Alberto BACCI, chef d’équipe à l’ICM.

     

    En utilisant différentes approches, l’équipe a pu montrer qu’environ 40% de l’inhibition globale reçue par les cellules PV provenait des connections autaptiques.

     

    « Les cellules PV sont connues pour orchestrer les oscillations gamma (30-80Hz), comme un métronome. Quel est donc le rôle des autapses pendant ces oscillations ? Notre hypothèse est que les autapses permettent aux cellules PV de rester synchronisées avec les oscillations gamma. Afin de montrer cela, nous avons généré artificiellement ce type d’oscillations grâce à la technique d’optogénétique »complète Charlotte DELEUZE.

     

    Ainsi, l’équipe a montré que le blocage des autapses d’une seule cellule PV modifie fortement le degré de synchronisation de cette cellule avec les oscillations gamma. Sans autapses, l’activité électrique générée par les neurones PV est distribuée plus aléatoirement, désynchronisée des oscillations gamma, ce qui rend le message plus bruyant et moins précis. Le timing des potentiel d’action est essentiel à un flux correct des informations entre les réseaux neuronaux.

     

    L’auto-inhibition autaptique des neurones PV pourrait donc être un mécanisme important sous-tendant le rôle essentiel de ces cellules au cours des fonctions sensorielles et d’autres fonctions cognitives importantes, avec de possibles conséquences cruciales sur certaines actions corticales dans des conditions physiologiques et pathologiques.

     

    Source

    Deleuze C, Bhumbra GS, Pazienti A, Lourenço J, Mailhes C, Aguirre A, Beato M, Bacci A.

    Strong preference for autaptic self-connectivity of neocortical PV interneurons

    facilitates their tuning toγ-oscillations. PLoS Biol. 2019 Sep 4;17(9):e3000419. doi: 10.1371/journal.pbio.3000419.eCollection 2019 Sep.

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    https://icm-institute.org/fr/actualite/autapses-inhibitrices-modulateurs-de-lactivite-reseaux-de-neurones-corticaux/feed/ 0
    Summer School 2019 – Brain to Market https://icm-institute.org/fr/actualite/summer-school-2019-brain-to-market/ https://icm-institute.org/fr/actualite/summer-school-2019-brain-to-market/#respond Tue, 10 Sep 2019 14:43:27 +0000 Ignacio Colmenero https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17461 Retour sur le Brain to Market Summer School, un programme combinant formation en neuroscience  et mise en situation entrepreneuriale.

    Cette année encore, L'ICM a En savoir plus ]]> Retour sur le Brain to Market Summer School, un programme combinant formation en neuroscience  et mise en situation entrepreneuriale.

    Cette année encore, L’ICM a organisé une formation unique de 5 jours en neurosciences et entrepreneuriat. Le programme, dispensé en anglais, a pour objectif de développer des compétences et un état d’esprit nécessaires pour innover dans le domaine de la santé et de la recherche.

    La semaine dernière, plus de 36 étudiants et jeunes actifs issus de différents pays ont participé au Brain to Market Summer School, axé cette année sur la rééducation après un AVC.

    Afin d’obtenir une formation de qualité, de nombreux profils ont été sélectionnés lors de cette édition : scientifiques, ingénieurs, commerciaux, ou encore designers étaient présents. Cette diversité, à la fois dans les domaines de compétences mais également dans les origines internationales des participants a considérablement participé à la richesse du programme.

    Après deux journées intensives de formation, et deux journées de travail en groupe, les participants ont pu présenter leur projet. Cette année, les heureux gagnants ont été sélectionnés pour leur projet de mur interactif ! Félicitations à eux.

    Nous vous partagerons de nouvelles informations prochainement, mais avant cela nous souhaitons remercier les intervenants, coachs,  et toute l’équipe pour leur investissement.

    Merci également à nos sponsors SBT et Medtronic pour leur soutien lors de cette édition 2019.

    SBT Medtronic

     

     

     

    ]]> https://icm-institute.org/fr/actualite/summer-school-2019-brain-to-market/feed/ 0 L’ICM, PARTENAIRE DE S3ODEON, ÉVÉNEMENT À NE PAS RATER ! https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-s3odeon/ https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-s3odeon/#respond Tue, 10 Sep 2019 08:24:33 +0000 Ignacio Colmenero https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17439 LE SAMEDI 5 OCTOBRE 2019 DE 14H00 À 19H00

    Le concept de S3ODEON est celui d’un échange direct avec le grand public organisé au théâtre de l’Odéon tous les ans, En savoir plus ]]> LE SAMEDI 5 OCTOBRE 2019 DE 14H00 À 19H00

    Le concept de S3ODEON est celui d’un échange direct avec le grand public organisé au théâtre de l’Odéon tous les ans, fait de prises de paroles successives de 7 minutes chacune, librement et bénévolement, sans note, des personnalités éminentes du monde scientifique partagent avec vous leur vision de la santé pour demain.

    A l’heure des « fake news » et du sensationnalisme, la science, la médecine, et la philosophie doivent plus que jamais aller au contact du public pour aborder de manière simple les thèmes qui nous préoccupent.

    Le format est dynamique, le ton léger, mais les sujets abordés sont souvent d’une extrême gravité : recherche sur le cerveau, robotique, interface homme-machine, parcours de soin, aidants, corps sur mesure, burn-out, climat, etc.

    Aucun sujet n’est tabou… Permettre l’accès à une information de qualité, validée scientifiquement, tel est l’esprit de l’association S3Odéon.

    Et, dans cette ambiance d’ouverture et d’échanges, le public peut profiter des entractes pour s’entretenir personnellement avec les orateurs.

    Comme tous les ans, S3Odéon surprendra ses auditeurs. Vous serez surpris par la programmation de nouveaux thèmes inédits. Mais, pour en savoir plus, il faudra venir…

    Alexandra Durr professeure universitaire et praticienne hospitalière en génétique médicale à la faculté de Médecine de Sorbonne Université/AP-HP et chercheuse à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière nous parle de S3Odeon sur cette video.

    Pour en savoir plus: https://www.s3odeon.fr

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    Le Groupe Lucien Barrière soutient l’ICM à l’occasion de Barrière Deauville Polo Cup 2019 https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-barriere-deauville-polo-2019/ https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-barriere-deauville-polo-2019/#respond Mon, 09 Sep 2019 12:59:23 +0000 Ignacio Colmenero https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17426 A l’occasion de la Barrière Deauville Polo Cup 2019 qui s’est déroulée du 7 au 25 août 2019, le Groupe Lucien Barrière a souhaité soutenir l’ICM comme il le En savoir plus ]]> A l’occasion de la Barrière Deauville Polo Cup 2019 qui s’est déroulée du 7 au 25 août 2019, le Groupe Lucien Barrière a souhaité soutenir l’ICM comme il le fait depuis sa création. A cette occasion, Stanislas Clavel et son équipe disputait la Coupe Bronze en arborant les couleurs de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, permettant ainsi au public qui assistait au tournoi de mieux connaître les travaux de recherche qui y sont menés. Le 21 août, au Casino Barrière de Deauville s’est tenu le dîner des partenaires du tournoi au bénéfice de l’ICM. Près de 30% de la valeur des jetons achetés par les invités de la soirée ont été ainsi reversés par le Casino Barrière à l’ICM en soutien aux chercheurs.

    L’ICM remercie le Groupe Lucien Barrière, Dominique Desseigne, Alexandre et Joy Desseigne-Barrière pour leurs contributions et leur soutien à la recherche sur les maladies du système nerveux.

    Crédit photographie : Wendy Falourd – https://www.wendyfphotography.com

    Légende photo : l’équipe de polo ICM composée (de gauche à droite) de Pierre Hamelin, Gaetan Gosset, Stanislas Clavel (capitaine) et Virgile Goldberg

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    L’ICM dans l’émission Vivement Dimanche le 1er septembre 2019 ! https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-guillaume-de-tonquedec-alexandra-durr-vivement-dimanche/ https://icm-institute.org/fr/actualite/icm-guillaume-de-tonquedec-alexandra-durr-vivement-dimanche/#respond Sun, 08 Sep 2019 07:00:47 +0000 Ignacio Colmenero https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17332 Un grand MERCI à Guillaume de Tonquedec, donateur de l'ICM et parrain de la campagne "Découvreurs d'Espoir 2018", qui mettra l'ICM à l'honneur dans l'émission Vivement En savoir plus ]]> Un grand MERCI à Guillaume de Tonquedec, donateur de l’ICM et parrain de la campagne « Découvreurs d’Espoir 2018 », qui mettra l’ICM à l’honneur dans l’émission Vivement Dimanche de Michel Drucker sur France 2.
    Son invité, le Pr Alexandra Durr, neurogénéticienne à la Pitié-Salpêtrière (Sorbonne Université/AP-HP) et chercheuse à l’ICM, témoignera sur le plateau des recherches menées sur le cerveau et les maladies neurologiques.

    Voir l’extrait en cliquant ici

    Guillaume De Tonquedec, dans l'émission de Michel Drucker le 1er septembre 2019

    Guillaume de Tonquédec avait accepté d’être le parrain de la campagne « Découvreurs d’Espoir 2018 », qui a permis aux 6224 Découvreurs d’Espoirs de rejoindre le mouvement en faisant un don à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière ! Si vous aussi vous souhaitez vous joindre à notre grande et belle mobilisation.

    Spécialiste de renommée mondiale des maladies neurologiques héréditaires, Alexandra Durr est professeure universitaire et praticienne hospitalière en génétique médicale à la faculté de Médecine de Sorbonne Université/AP-HP et chercheuse à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière.

    Depuis 25 ans, elle développe ses recherches en neurogénétique à partir d’une expertise clinique qui lui permet d’identifier les bases moléculaires de nombreuses pathologies. Elle a reçu cette année le prix Lamonica de neurologie, grand prix de l’Académie des sciences.

    Ça nous concerne tous (…) Ce qui m’a frappé à l’ICM c’est que tout tend vers l’espoir (…) On m’a souvent reproché d’être un éternel optimiste mais je le revendique, c’est-à-dire que je pense que l’ICM est la clef pour un jour guérir toutes ces maladies.

    Guillaume de Tonquédec

     

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    Que se passe-t-il dans le cerveau quand on tombe amoureux ? https://icm-institute.org/fr/actualite/se-passe-t-cerveau-on-tombe-amoureux/ https://icm-institute.org/fr/actualite/se-passe-t-cerveau-on-tombe-amoureux/#respond Sat, 07 Sep 2019 07:00:14 +0000 Antoine Bonvoisin https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=13338 "Elle m'a regardé, je l'ai regardée, elle m'a regardé, je l'ai regardée... elle m'a souri."

    Phénomène irraisonné par excellence, le sentiment amoureux semble à la En savoir plus ]]> « Elle m’a regardé, je l’ai regardée, elle m’a regardé, je l’ai regardée… elle m’a souri. »

    Phénomène irraisonné par excellence, le sentiment amoureux semble à la fois universel et insaisissable. Le Pr Yves Agid, professeur de neurologie, chercheur en neurosciences et membre fondateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM), explique ce que l’on sait du cerveau amoureux. Cet article a précédemment été publié sur le site de The Conversation France.

    Un phénomène subit

    Tomber amoureux, c’est d’abord éprouver de fortes émotions, d’un coup et de façon parfaitement incontrôlable. Forte accélération du cœur, pâleur, coup de chaud… sont autant de symptômes physiques qui manifestent cet afflux d’émotions que provoque la présence de l’autre, de l’objet amoureux. C’est un phénomène subit et transitoire. À ce moment-là, si l’on fait un arrêt sur images : que se passe-t-il dans le cerveau ?

    Admettons que vous voyez quelqu’un pour qui vous avez une soudaine empathie, qui vous plaît beaucoup. Ces informations sont véhiculées dans votre cerveau par le biais des perceptions, qu’elles soient visuelles, sonores, tactiles, etc. Ces perceptions sont traitées dans des régions du cerveau qui gèrent plus spécifiquement les émotions. Dans le cerveau, il y a en effet des circuits spécifiques : les uns sont en charge de la motricité, les autres de l’intellect… et il y a aussi les circuits affectés aux émotions.

    Ce qui est intéressant avec le sentiment amoureux c’est qu’il survient d’un coup. Vous ne vous dites pas « cet homme ou cette femme a un beau blazer, son visage me plaît… » Vous ne décidez de rien, l’analyse rationnelle n’a rien à voir avec votre réaction. Cela relève d’un comportement automatique. Pour les neuroscientifiques, il convient de comprendre précisément quelles zones du cerveau sont activées, chez les humains, lorsqu’ils tombent amoureux.

    Amoureux… comme des pigeons ?

    Pour schématiser, le cerveau, cette masse de gélatine (qui pèse un peu moins de trois livres) est composée d’une énorme couche périphérique : c’est le cortex cérébral, qui gère nos comportements non automatiques. Mais il y a aussi, et surtout, des comportements automatiques comme marcher, faire du vélo, conduire une voiture, toutes ces choses que nous faisons sans y penser, qui elles, sont essentiellement gérées par de toutes petites structures à la base du cerveau, les noyaux gris centraux (qui représentent seulement 1/50ᵉ de la masse cérébrale).

    Ce qui est étonnant, c’est que le sentiment amoureux semble justement géré par de si petites, et si anciennes, structures cérébrales. De façon intuitive on pourrait se dire : le sentiment amoureux est si complexe, si subtil, qu’il sollicite essentiellement le cortex cérébral – un territoire plus récent qui contrôle les activités mentales les plus subtiles de l’homme, soit les comportements non automatiques, comme la conscience. En réalité, pas du tout. Tomber amoureux relève plutôt de la subconscience, c’est-à-dire de la faculté cérébrale qui nous permet d’agir, de penser et de ressentir des émotions de façon non consciente, donc automatique.

    On a déjà tous observé des pigeons amoureux qui se bécotent. Comme nous ! Or, les pigeons n’ont pratiquement pas de cortex, mais des noyaux gris centraux très développés. Tout se passe donc chez ces animaux comme chez les êtres humains : on « tombe » amoureux de manière brutale et inattendue, automatiquement, de manière subconsciente… probablement avec la contribution des structures cérébrales les plus primitives du cerveau.

    D’une certaine façon, nous nous comportons donc comme des animaux… Chez les humains, il convient cependant de nuancer : on peut opposer l’amour-passion, qui se déclare sans crier gare, et l’amour qui s’installe avec le temps, quand les partenaires ont appris à se connaître. Mais quoi qu’il en soit, vous ne décidez pas de tomber amoureux.

    Dans tous les cas, il faut rester prudents et ne pas en tirer de conclusions hâtives : on a d’un côté l’amour, qui se traduit par les comportements les plus complexes qui soient, d’un point de vue émotionnel, et de l’autre ce qui relève du fonctionnement du cerveau, qui est extrêmement compliqué aussi. Établir des relations entre les deux n’est pas chose aisée, et il y a encore énormément à découvrir.

    La preuve par l’IRM

    La science fournit plusieurs preuves expérimentales du rôle des noyaux gris centraux dans le sentiment amoureux : Andreas Bartels et Semir Zeki, à Londres, ont ainsi reçu un certain nombre de couples profondément amoureux. Ils ont demandé à l’un des deux partenaires de rentrer dans un IRM. Supposons que ce soit un homme : on observe alors ce qui se passe dans son cerveau quand on lui montre une série de photos de femmes : pour la plupart, ce sont des inconnues, et de temps en temps, il y a un cliché de sa bien-aimée. Ce qui s’allume dans son cerveau, à la vue de celle qu’il aime, ce sont les noyaux gris centraux !

    Ces noyaux gris centraux, liés aux régions correspondantes dans le cortex cérébral, constituent une sorte de « noeud » routier qui jouent un rôle préférentiel dans les actions automatiques, tandis que le cortex joue un rôle essentiel dans la conscience des actions non automatiques.

    Ainsi, avant l’intellectualisation, et parfois les regrets associés au sentiment amoureux ou à la passion, il y a l’arrivée brutale et incontrôlable de l’amour, sous forme d’émotions fortes. Dans le premier cas, c’est le cortex cérébral qui contribue essentiellement, dans le deuxième, ce sont les noyaux gris centraux. Dans tous les cas, c’est le cerveau qui déclenche l’amour…

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    Le Pr Catherine Lubetzki reçoit le Charcot Award 2019 https://icm-institute.org/fr/actualite/catherine-lubetzki-recoit-charcot-award-2019/ https://icm-institute.org/fr/actualite/catherine-lubetzki-recoit-charcot-award-2019/#respond Thu, 25 Jul 2019 08:00:34 +0000 Océane Paisant https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17306 Le professeur Catherine Lubetzki a reçu le Charcot Award de la fédération international de la sclérose en plaque (MSIF).

     

    La MSIF, Multiple Sclerosis International En savoir plus ]]> Le professeur Catherine Lubetzki a reçu le Charcot Award de la fédération international de la sclérose en plaque (MSIF).

     

    La MSIF, Multiple Sclerosis International Federation (fédération internationale de la sclérose en plaques) a récompensé le professeur Catherine Lubetzki, professeur de neurologie à Sorbonne Université, cheffe du département de neurologie à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière-APHP et co-responsable de l’équipe «  remyélinisation dans la sclérose en plaque : de la biologie à la translation clinique », du Charcot Award 2019.

     

    Remis tous les deux ans, ce prix récompense les accomplissements d’une carrière de recherche exceptionnelle centrée sur la compréhension et le traitement de la sclérose en plaque. Le professeur Lubetzki est la première femme à recevoir cette prestigieuse récompense. Les travaux de son équipe portent sur la compréhension des mécanismes de myélinisation et de remyélinisation dans le système nerveux centralet sur le développement de stratégies thérapeutiques pour favoriser la remyélinisation chez les patients atteints de sclérose en plaques.

     

    « C’est un honneur d’avoir été choisie pour le Charcot Award. Je reçois cette récompense avec humilité et grand plaisir. Pour moi, ce prix est la reconnaissance des deux aspects essentiels de mes recherches, alliant pratique clinique et recherche fondamentale dans le domaine de la réparation dans la sclérose en plaques. J’espère que ce prix encouragera les jeunes cliniciens-chercheurs, dont la double expertise est indispensable au développement d’une recherche translationnelle innovante » Professeur Catherine Lubetzki

     

    Le prix sera remis au professeur Catherine Lubetzki lors du congrès de l’ECTRIMS (European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis) le 13 septembre 2019 à Stockholm. Elle donnera à cette occasion la « conférence Charcot » (Charcot lecture).

     

    Plus d’informations sur : https://www.msif.org/news/2019/07/18/professor-catherine-lubetzki-picks-up-the-mantle-for-prestigious-ms-charcot-award/

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    Rapport Annuel 2018 https://icm-institute.org/fr/actualite/rapport-annuel-2018/ https://icm-institute.org/fr/actualite/rapport-annuel-2018/#respond Fri, 19 Jul 2019 10:22:50 +0000 Océane Paisant https://icm-institute.org/?post_type=actualite&p=17261

    L’ICM est un Institut ouvert sur le monde, en perpétuelle évolution, dont l’ambition est de sans cesse innover.

    Plus qu’une rétrospective, ce rapport En savoir plus ]]>

    L’ICM est un Institut ouvert sur le monde, en perpétuelle évolution, dont l’ambition est de sans cesse innover.

    Plus qu’une rétrospective, ce rapport d’activités 2018 rend hommage aux femmes et aux hommes qui ont rendu possible la concrétisation et l’aboutissement de certains projets. Vous y trouverez les principales évolutions, nos grandes réalisations, et les nombreuses perspectives de notre Institut, tourné vers l’avenir.

    Ce rapport atteste des grands progrès que nous avons fait tant dans notre organisation que dans les actions entreprises par nos équipes, que ce soit les chercheurs, les entrepreneurs, les ingénieurs qui travaillent ensemble pour que ce vaisseau amiral de la recherche en neuroscience  tire sa force de ces expertises et accélérer son développement afin de percer les mystères de notre cerveau.

    Vous y découvrirez que 2018 fut une année riche d’avancées, en recherche, en clinique, en valorisation entrepreneuriale mais également en restructuration vers toujours plus d’efficacité au service des patients.

    2018 est la 8ème année depuis la création de l’ICM et nous n’avons de cesse de poursuivre un objectif : celui de mener une recherche d’excellence pour comprendre et trouver de nouveaux traitements pour les maladies du système nerveux.

    Je souhaite que ces pages puissent vous apporter toute l’information nécessaire.

    Professeur Alexis Brice, Directeur Général de l’ICM.

> Rapport annuel 2018

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