LES CAUSES ET LES MÉCANISMES BIOLOGIQUES DES TUMEURS CÉRÉBRALES

Les tumeurs cérébrales malignes ne sont pas héréditaires sauf quelques cas très rares. Il existe cependant, comme dans beaucoup de maladies neurologiques, une prédisposition génétique augmentant légèrement le risque d’en développer. Des études de recherche des gènes de prédisposition ont été menées par les chercheurs de l’ICM dans le cadre de consortium internationaux, dans le génome entier sur de très grandes cohortes de patients.
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Cette prédisposition génétique ne s’exprime qu’après exposition à un ou des facteurs environnementaux encore non identifiés de façon certaine.

cause prédisposition génétique tumeur au cerveau

A l’ICM

La recherche des polymorphismes impliqués dans la prédisposition à développer des tumeurs cérébrales nécessite d’étudier une très large population de patients. L’équipe de recherche du Pr Marc SANSON et d’Emmanuelle HUILLARD participe à cette recherche dans le cadre d’un consortium international. En 2017, une étude pan génomique, c’est-à-dire du génome entier, a été menée sur une population de 12496 patients présentant une tumeur cérébrale et de 18 190 contrôles sains.

A ce jour, 25 polymorphismes ont été identifiés comme augmentant le risque de développer une tumeur cérébrale.

Pour en savoir plus sur cette étude : https://icm-institute.org/fr/actualite/de-nouveaux- genes-impliques-dans-les-tumeurs-cerebrales/

Développement de la tumeur cérébrale

Au cours du développement, chaque cellule constituant notre organisme se multiple à l’identique jusqu’à ce qu’elle reçoive un signal d’arrêt de la prolifération. A ce stade on parle de cellules pluripotentes, capables de se différencier en n’importe quelles cellules, des neurones, des cellules cardiaques, des cellules du foie…Certaines cellules cependant garde cette capacité à se multiplier, on les appelle les cellules souches et elles ont pour rôle le remplacement des cellules de notre organisme qui meurent au cours de notre vie.

La grande majorité des cellules reçoivent alors un second signal qui les engage vers une localisation, comme par exemple le cerveau, le foie, le cœur…

Puis un 3ième signal provenant de l’organe lui-même, entraine leur différenciation en un type cellulaire particulier avec des fonctions et une morphologie très spécifiques, par exemple dans le cerveau, des neurones, des oligodendrocytes, des astrocytes….

Différenciation cellulaire de la tumeur cérébrale

A l’âge adulte, les cellules constituant notre organisme sont donc pour la grande majorité, très spécialisée et ont perdu leur capacité de prolifération.

A l’origine des tumeurs au niveau du cerveau ou dans n’importe quel autre organe, on observe une réapparition de la capacité des cellules à se multiplier à l’infini. Ces cellules se multipliant de façon anarchique et continue formant alors un amas, la tumeur.

Mécanismes biologiques de la tumeur au cerveau

Les mécanismes à l’origine de ces tumeurs sont toujours génétiques ou épigénétiques. Une mutation d’un gène dans une cellule particulière, un oligodendrocyte par exemple, et uniquement dans ce type cellulaire et non dans toutes les cellules du corps, entraine sa multiplication.

mecanisme biologique tumeur cerveau

L’équipe du Pr Marc SANSON et d’Emmanuelle HUILLARD cherche à caractériser les mutations de chaque type cellulaire à l’origine des tumeurs cérébrales. La recherche de ces mutations se fait dans les cellules cancéreuses elles-mêmes de la tumeur soit après une biopsie soit sur la tumeur extraite par chirurgie.

Cette recherche consiste à séquencer, c’est-à-dire à lire, l’ADN entier d’une cellule et de le comparer à celui d’une cellule normale du même individu. On distingue alors des différences de séquences de l’ADN qui influencent le fonctionnement normal de la cellule et qui en particulier réactive la prolifération des cellules.

LES TUMEURS CÉRÉBRALES

A l’ICM

Grâce à la plateforme de génotypage/séquençage de l’ICM, il est aujourd’hui possible de lire l’ADN entier d’un très petit nombre de cellules de façon très fiable et en seulement quelques heures, contre plusieurs semaines auparavant.

D’autre part une technologie plus rapide de diagnostic moléculaire a été mise au point à l’ICM, le séquençage par nanopores. Cette technique permet notamment l’étude sur une journée de variants structuraux, de mutations uniques et du profil de méthylation, une caractéristique épigénétique, grâce à un seul outil et avec un coût moindre.

https://icm-institute.org/fr/actualite/tumeurs- cerebrales-diagnostic-1-journee/

La mise en évidence de ces mutations à l’origine des tumeurs du cerveau permet :

– Le diagnostic précis de la tumeur

– La compréhension des mécanismes à l’origine des tumeurs

– L’Identification de nouvelles pistes thérapeutiques.

A l’ICM

Les chercheurs de l’équipe du Pr Marc SANSON et d’Emmanuelle HUILLARD se sont intéressé à un type de gliomes particulier, les gliomes de la ligne médiane du cerveau et de la moelle épinière chez l’adulte. Ils ont mis en évidence une mutation présente dans 20% des cas dans le gène FGFR1. Or il existe aujourd’hui des traitements spécifiques qui ciblent ce gène. Il est donc très important d’identifier les patients dont les tumeurs sont porteuses de cette mutation puisqu’ils peuvent alors bénéficier d’un traitement adapté et personnalisé.

https://icm-institute.org/fr/actualite/identification-a-licm-de-mutations-recurrentes- gliomes-de-ligne-mediane/