Journée mondiale de la sclérose en plaques

Recherche Mis en ligne le 26 mai 2014
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À l’occasion de la Journée Mondiale de la Sclérose En Plaques (SEP) le 28 mai 2014, l’ICM fait le point sur cette pathologie, les axes de la recherche et les dernières avancées.

 

PRÉVALENCE ET DESCRIPTION

 

En France la Sclérose en Plaques touche environ 1 personne sur 1000, soit un total d’environ 70 000 personnes. Et chaque année, on dénombre 2 000 à 3 000 personnes supplémentaires frappées par cette maladie.

 

C’est en moyenne à l’âge de 30 ans que la maladie fait son apparition. La plupart du temps, la maladie se manifeste par poussées successives pour 85% des cas, mais la Sclérose en Plaques peut aussi se manifester progressivement sans aucunes poussées (15%). Le développement d’un handicap suite à la maladie est inévitable, qui au bout de 30 ans, force le patient à se déplacer en fauteuil roulant.

 

La Sclérose en Plaques est une maladie du système nerveux central dans laquelle le système immunitaire, qui est habituellement impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries attaque les propres éléments de l’individu. La réaction inflammatoire de la Sclérose en Plaques détruit la gaine de myéline protectrice qui entoure les prolongements des neurones, que l’on appelle les axones.

 

Cette protection a pour but principal d’assurer une conduction rapide de l’influx nerveux jusque dans les muscles. Ce sont des attaques inflammatoires répétées qui vont altérer le transfert de cet influx nerveux et donc entraîner des troubles moteurs, des troubles sensitifs, des troubles de l’équilibre, des troubles visuels… La Sclérose en Plaques est une maladie auto-immune chronique, décrite en 1868 par le neurologue français Jean Martin Charcot.

 

 

Sclérose en plaques, les cellules en rouge sont en train de mourir (mort cellulaire). Astrocytes exposés au facteur glycotoxique. © Inserm/RIEGER

Sclérose en plaques, les cellules en rouge sont en train de mourir (mort cellulaire). Astrocytes exposés au facteur glycotoxique. © Inserm/RIEGER

 

LA RÉPONSE DE L’ICM

 

Dans le cadre des recherches sur la Sclérose en Plaques, l’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole a pour but de faire avancer la connaissance de la pathophysiologie (l’étude des modifications pathologiques des fonctions de l’organisme) de la Sclérose en Plaques. Notamment par l’étude des voies biologiques spécifiques à la maladie.

 

L’équipe cherche à identifier des variantes génétiques provoquant la Sclérose en Plaques et de comprendre leurs effets biologiques sur le développement ainsi que la gravité de la maladie. Pour ce faire, l’équipe cherche à combiner des approches génétiques, immunologiques et neurobiologiques afin d’identifier des voies biologiques spécifiques pouvant être ciblées pour bloquer la progression de la Sclérose en Plaques. Ces projets de recherche permettront à terme de comprendre comment une combinaison de polymorphismes génétiques (coexistence de plusieurs allèles pour un gène) peut mener à une attaque du système immunitaire contre la myéline.

 

Les découvertes de l’équipe de recherche auront un impact en matière de recherche de base mais aussi en matière de recherche translationnelle car elles permettront une meilleure compréhension des principaux mécanismes physiologiques et de la pathophysiologie de la maladie et pourrait mener à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.

 

L’ensemble des publications de l’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole sont disponibles sur l’adresse suivante : http://research.icm-institute.org/team/36/publications

 

 

SEP 2

L’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole Léna Guillot-Noêl, membre de l’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole, vous présente son travail sur la Sclérose En Plaques

 

La SEP en vidéo par Léna Guillot

 

 

De plus, l’équipe de Bertrand Fontaine et d’Isabelle Cournu-Rebeix vient de montrer l’implication de nouvelles molécules dans le développement de la Sclérose en Plaques. La SEP est une maladie multifactorielle, c’est-à-dire que son développement est favorisé par l’association de plusieurs facteurs génétiques et environnementaux.

 

Ces travaux montrent le rôle des molécules impliquées dans les processus de migration des cellules du système immunitaire (lymphocytes T) dans le cerveau. L’entrée des lymphocytes T dans le cerveau est une étape cruciale dans le développement de la Sclérose en Plaques et constitue donc une cible privilégiée des traitements actuels. En effet, en bloquant la migration des lymphocytes T vers le système nerveux, on diminue la dégradation de la gaine de myéline, favorisant sa réparation et la restauration des fonctions nerveuses.

 

Grâce à cette analyse des réseaux de gènes impliqués dans la migration des lymphocytes T, l’équipe de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière vient de mettre en évidence 5 nouveaux groupe de gènes associés à une prédisposition à la Sclérose en Plaques. Cette découverte souligne les bases génétiques de l’efficacité de certains traitements existants et représente une mine d’informations pour de futures cibles thérapeutiques.

 

SEP 3

 

 

Par ailleurs, l’amélioration de l’imagerie a permis un diagnostic bien plus rapide de la maladie. Des traitements efficaces pour la prévention de rechutes de la SEP ont aussi été mis au point, de part les avancées de la recherche en immunologie. Ces traitements vont cibler l’inflammation, en régulant, bloquant l’arrivée des cellules immunitaires humorales ou cellulaires à l’intérieur du système nerveux central.

 

Certains traitements sont tout de même réservés aux formes très actives de la maladie, en raison d’effets secondaires potentiellement très graves. En 2014, de nouveaux traitements par voie orale sont apparus. Ils sont actifs dès les premiers stades de la maladie , lorsque celle-ci évolue par poussée. Ainsi, deux nouveaux traitements sont disponibles cette année. Le Tériflunomide (AUBAGIO), accessible en automne et le Diméthyl fumarate (TECFIDERA). Désormais disponible dans les hôpitaux sous certaines conditions, il devrait être commercialisé dans les prochains mois.

 

L’ICM est activement impliqué dans la recherche thérapeutique. En particulier dans les essais cliniques, depuis les premières phases de développement des médicaments (Phase 1) jusqu’à la commercialisation (Phase 3). Une large équipe pluridisciplinaire compétente mène une recherche de qualité sur des traitements ayant pour but de limiter et ralentir la progression du handicap dans les formes progressives de la maladie. Elle est aussi impliquée dans l’évaluation de traitements, qui deviennent de plus en plus efficaces et de moins en moins contraignant tel que l’Alemtuzumab. Des traitements favorisant la remyélinisation ou la protection axonale sont en cours d’expérimentation à l’ICM, ils ont pour objectif de limiter la progression du handicap.

 

« Action Santé »

Samedi 24 mai, le Dr. Caroline Papeix, neurologue à l’ICM, était l’invité de l’émission “Action Santé” pour parler de la Sclérose en Plaques

 

 

 

Semaine du Cerveau

A l’occasion de la Semaine du Cerveau, en mars 2014, un atelier de présentation sur la Sclérose En Plaques, plus particulièrement autour de la myéline, a été mis en place

 

 

 

Une recherche menée en collaboration avec le CEA, donne la possibilité de développer des outils d’imagerie évaluant précisément la remyélinisation. Ces techniques permettent une compréhension plus accrue de la physiopathologie de la démyélinisation et la remyélinisation dans la Sclérose en Plaques.

 

A l’avenir, ces techniques pourront être des outils indispensables à l’évaluation des nouvelles molécules ayant un rôle dans la remyélinisation. Les traitements médicamenteux ont permis l’amélioration de certains aspects de la maladie, il en est de même sur la prise en charge de la Sclérose en Plaques.

 

L’intervention d’équipes de soins pluridisciplinaires ont permis d’améliorer les conditions imposées par la SEP lorsqu’elle est prise en charge dès le début de son diagnostic. Les équipes de soins sont impliquées dans l’information et l’éducation thérapeutique, et dans la prévention des complications générales de la maladie ce qui participe à améliorer l’intervention sur la Sclérose en Plaques.

 

La mise en place de consultations dites multidisciplinaires, qui impliquent plusieurs acteurs de santé sur un seul et même lieu permettent une meilleure prise en charge tout au long de la maladie, afin de participer au bien être du patient.

 

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