Une nouvelle voie thérapeutique envisagée dans la maladie de Parkinson

Recherche Mis en ligne le 13 septembre 2016
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Rita Raisman-Vozari et Patrick Michel, chercheurs de l’équipe d’Etienne Hirsch à l’ICM (CNRS, Inserm, Sorbonne Université) ainsi que d’autres chercheurs du Laboratoire Biomolécules Conception, Isolement et Synthèse (CNRS/Université ParisSud), dirigé par le professeur Bruno Figadère, proposent d’utiliser une petite molécule, la 3-phényl-6-aminoquinoxaline (PAQ), pour ralentir la progression de la maladie de Parkinson. Capable de traverser la barrière hémato-encéphalique, cette molécule pourrait protéger les neurones qui disparaissent dans cette maladie. Ces travaux, financés en partie par le programme CARNOT des Investissements d’Avenir, viennent de paraitre dans la revue Journal of Medicinal Chemistry. Cette découverte pourrait, à terme, ouvrir la voie à un traitement curatif de la maladie de Parkinson.

La recherche de petites molécules pouvant protéger les neurones dopaminergiques (ou producteurs de dopamine) contre les nombreux événements intervenant dans la mort cellulaire reste un axe d’intenses recherches. Cependant, peu de composés ont montré un effet, à la fois sur des cultures neuronales in vitro, et dans des modèles animaux de la maladie de Parkinson in vivo.

Les chercheurs de l’ICM et du Laboratoire « Biomolécules : conception, isolement et synthèse » ont utilisé des substances naturelles dont ils ont modifié la structure. Ces substances naturelles, présentes en très petite quantité dans les plantes tropicales de la famille des Annonaceae, n’avaient cependant pas un bon profil pharmacologique, et notamment passaient faiblement la barrière hémato-encéphalique.

Après avoir synthétisé une bibliothèque de nouveaux composés et en observant leurs activités biologiques, ils sont parvenus à caractériser une nouvelle molécule entièrement synthétique, la 3-phényl-6-aminoquinoxaline (PAQ), qui cible parfaitement les cellules neuronales. En activant des récepteurs spécifiques, la PAQ parvient à restaurer l’équilibre calcique intracellulaire, l’un des mécanismes invoqué pour expliquer l’effet neuro-protecteur.

Les chercheurs ont mis en évidence cet effet lors d’études in vitro, dans des cultures primaires de neurones dopaminergiques de rats. Puis, dans un modèle animal de la maladie de Parkinson, ils ont montré que les concentrations en dopamine étaient partiellement rétablies pour assurer l’influx nerveux.

Ces travaux ouvrent peut-être la voie, à terme, à un traitement curatif de la maladie de Parkinson.

Référence : New 6-Aminoquinoxaline Derivatives with Neuroprotective Effect on Dopaminergic Neurons in Cellular and Animal Parkinson Disease Models. Gael Le Douaron, Laurent Ferrié, Julia E. Sepulveda-Diaz, Majid Amar, Abha Harfouche, Blandine Séon-Méniel, Rita Raisman-Vozari, Patrick P. Michel & Bruno Figadère. J. Med. Chem. 24 juin 2016.