La Sclérose en Plaques

En France la Sclérose en Plaques touche environ 1 personne sur 1000, soit environ 70 000 personnes.
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Description de la maladie

Symptômes

La Sclérose en Plaques est une maladie auto-immune chronique. Les symptômes de la maladie sont des troubles moteurs, des troubles sensitifs, des troubles de l’équilibre, des troubles visuels…

Causes

La Sclérose en Plaques est une maladie du système nerveux central dans laquelle le système immunitaire, qui est habituellement impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries attaque les propres éléments de l’individu. La réaction inflammatoire de la Sclérose en Plaques détruit la gaine de myéline protectrice qui entoure les prolongements des neurones, que l’on appelle les axones.

Prévalence

La SEP touche en France environ 1 personne sur 1000, soit environ 70 000 personnes au total. C’est en moyenne à l’âge de 30 ans que la maladie fait son apparition. La plupart du temps, la maladie se manifeste par poussées successives pour 85% des cas, mais la Sclérose en Plaques peut aussi se manifester progressivement sans aucune poussées (15%). Le développement d’un handicap suite à la maladie est inévitable, qui au bout de 30 ans, force le patient à se déplacer en fauteuil roulant.

Les réponses de l’ICM

Thématiques et équipes de recherche

Faits marquants

Des gènes qui modulent le risque de SEP

L’équipe de Bertrand Fontaine et Sophie Nicole a participé, au sein d’un consortium international, à différentes études menées sur plus de 17 000 patients qui ont permis d’identifier des facteurs de risques génétiques impliqués dans la SEP et plusieurs gènes protecteurs. Les gènes touchés interviennent dans la reconnaissance d’éléments étrangers par l’organisme. La mise en évidence de mutations ou d’associations de mutations qui modulent le risque génétique permet de mieux comprendre le déclenchement de la maladie et d’envisager des solutions thérapeutiques. Une étude clinique chez des patients atteints de SEP et ciblés en fonction de leur terrain génétique est actuellement en cours au Centre d’Évaluation Thérapeutique.

Des outils de criblage de molécules réparatrices

Dans le cadre du consortium NeurATRIS, Brahim Nait Oumesmar a mis au point un test in vitro de criblage à haut-débit de molécules favorisant la différenciation de cellules précurseurs d’oligodendrocyte en oligodendrocytes matures, dont le rôle est de réparer la myéline. Les molécules candidates ainsi identifiées sont testées in vivo dans un modèle original mis au point par Bernard Zalc. Ce dernier a généré un Xénope transgénique, le Xénope est un amphibien dont la myéline est très proche de celle de l’homme et chez lequel il est possible d’induire une démyélinisation. Du fait de la transparence des têtards de Xénope il est possible de suivre de visu la remyélinisation et de tester ainsi le pouvoir réparateur de molécules candidates.

Réparer les lésions de la myéline grâce aux cellules de la peau

Transformer des cellules de la peau en cellules nerveuses pour réparer les dommages causés par la sclérose en plaques et certaines leucodystrophies, c’est le défi relevé par l’équipe de Brahim Nait Oumesmar et Anne Baron Van Evercooren. Ces résultats extrêmement encourageants permettraient d’envisager une thérapie cellulaire à partir des propres cellules de patients atteints de la maladie. Cette équipe a également mis en évidence que les cellules souches neurales humaines ont un effet thérapeutique double : anti-inflammatoire et promyélinisant.

Un facteur qui répare la myéline

L’équipe de Brahim Nait Oumesmar et Anne Baron Van Evercooren a mis en évidence le rôle bénéfique d’une molécule, appelée Olig2 dans la réparation de la myéline. Sa surexpression stimule la régénération des oligodendrocytes, cellules responsables de la fabrication de la myéline. Cette découverte pourrait avoir des répercussions pour le développement de stratégies thérapeutiques visant à stimuler la réparation des dommages causés par la SEP.

Des cellules progénitrices à la rescousse ?

Le système nerveux central contient une large population de cellules précurseurs d’oligodendrocytes ou OPCs. Ces cellules sont responsables de la production de nouveaux oligodendrocytes dont le rôle est de fabriquer et réparer la gaine de myéline. L’équipe de Catherine Lubetzki et Bruno Stankoff a montré, dans un modèle expérimental, que lors de la démyélinisation, les cellules précurseurs d’oligodendrocytes s’activent et expriment des facteurs inflammatoires (Ccl2 et IL1b) qui favorisent leur migration et leur différenciation en oligodendrocytes dans la zone démyélinisée. L’identification des mécanismes qui gouvernent la remyélinisation est le premier pas vers le développement de thérapies pour les patients atteints de SEP.

Mesurer l’évolution de la sclérose en plaques grâce à une technique de pointe

Grâce à un programme innovant d’imagerie multimodale en tomographie par émission de positons (PET-SCAN), l’équipe de Bruno Stankoff et Catherine Lubetzki a pu visualiser la démyélinisation et la remyélinisation des neurones. Cette méthode pourrait permettre d’identifier les patients en fonction de leur capacité à renouveler la myéline détruite, et ainsi guider la prise en charge thérapeutique. En utilisant un autre traceur (flumazenil) en PET-SCAN, les chercheurs ont réussi à quantifier la dégénérescence neuronale et à la localiser chez les patients atteints de SEP.

Recherche clinique

Identifier des biomarqueurs de la maladie

Bruno Stankoff est le coordinateur d’une étude visant à découvrir des biomarqueurs différentiels de l’inflammation, de la destruction de la myéline et de la neurodégénérescence grâce à des techniques d’imagerie de pointe. L’identification de biomarqueurs permettra de prédire la progression de la maladie et la réponse des patients et ainsi de guider leur prise en charge thérapeutique.

Un traitement contre les formes primaires progressives

Le protocole Oratorio en partenariat avec Roche et coordonné par Caroline Papeix a testé l’efficacité de l’Ocrelizumab chez des patients atteints de formes primaires progressives de SEP. Les résultats extrêmement encourageants de cette étude de phase III montrent que ce médicament limite significativement la progression du handicap chez les patients avec une réduction de 24 % du risque d’aggravation du handicap.

Valorisation de la recherche

Un traitement améliore l’état de santé des patients

Pour la première fois, un médicament développé par MEDDAY, le MD1003, ralentit la progression de la maladie et améliore l’état de santé des patients atteints de sclérose en plaques progressive. Le médicament devrait être disponible sur le marché à court terme, ce qui est extrêmement encourageant pour les cliniciens comme pour les malades.